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Je serai le Président de tous les Maliens, le Président de la réconciliation nationale et de la refondation. Cet engagement du nouveau Président auquel les électeurs ont donné « une victoire claire et nette » signifie tout un programme, qui commence par assurer d’abord aux Maliens la quiétude au niveau individuel et collectif, la liberté d’aller et venir, la sécurité tout court.

Cela ne peut être obtenu que lorsque le système de défense et de sécurité est bénéficie d’un faisceau lumineux de renseignement opérationnel. Celui-ci à son tour n’est possible que lorsqu’il doté de ressources humaines à hauteur de missions et non d’une bande d’amis et d’amateurs. La sécurité d’Etat va au-delà, car le renseignement est au cœur du système de défense nationale et de la sécurité des personnes et des biens.
IBK qui promet de rester le seul Capitaine à bord, doit très rapidement revoir le système de nos services de renseignement en y instaurant un cadre serein au dessus de tout soupçon. Les affaires, les pratiques mafieuses de police politique et de non droit, pour des règlements de compte politiques aux antipodes de l’Etat de droit, la chapelle de la corruption, du clientélisme, du trafic d’influence, de l’argent des trafics d’or et de drogue, devraient désormais se retrouver un terreau ailleurs.

« Ça doit changer, ça va changer, ça changera », pour le bonheur du MALI et de nos compatriotes à l’intérieur et à l’extérieur. Rien de positif ne peut être mené à bien avec un système de renseignement défaillant, tourné vers l’ascension économique et sociale de certains. Aucune œuvre grandiose, à la dimension du Mali de notre espérance ne le sera qu’avec des hommes à hauteur de souhait à la tête de nos institutions d’Etat. Notre sécurité d’Etat n’a jamais brillé à des moments critiques. La situation devant l’occupation progressive du pays par les groupes armés demeure l’une des illustrations les plus récentes de cette déchéance. De mars 2012 jusqu’à la résolution des Nations-Unies, alors que l’intervention internationale se dessinait comme seule alternative pour sauver notre pays, certains tenant des rênes de l’Etat ne voulaient rien entendre et s’érigeaient contre l’arrivée de toute troupe étrangère au sol. Ils étaient arrivés à la conclusion que nos seules forces de défense pouvaient libérer le pays, si les armes sous embargo à Conakry étaient reçues.

Que serions nous devenus sans les efforts conjugués de la communauté internationale, car il s’est avéré que même les armées de la sous région réunies n’allaient pouvoir faire face aux groupes armés islamistes de la Mujao, d’Ansar Dine alliés à Aqmi. Puis le président de la république a été attaqué et molesté jusqu’à son bureau au palais présidentiel par des manifestants de rue. La sécurité d’Etat en savait-elle quelque chose ? Enfin la tentative de renversement violent de la Transition, sous le couvert des manifestations des 9 et 10 janvier 2013 pour imposer des « Concertations Nationales Souveraines ». Egalement, l’arrivée des forces Serval qui aurait pris de court certains dans leur projet machiavélique. Le système de renseignement pour être crédible et opérationnel, a besoin de sang neuf, de ressources humaines à hauteur de mérite. Et pour cela ça devrait changer.

B. Daou

Le Républicain du 10 Septembre 2013