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Le lancement officiel de ce programme d’activités a eu lieu le jeudi 24 août 2006 au Centre Djoliba en présence du représentant de CRI 2002 ; du président de l’ANJM, Mamadou Fadiala Kéïta. Le Dr Abdoulaye Sall, président de CRI 2002 était le conférencier.

L’ANJM POUR LA VULGARISATION DU PROTOCOLE DE MAPUTO

Le protocole de Maputo, adopté en juillet 2003 dans la capitale mozambicaine, a été ratifié par le Mali. S’inspirant de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, il précise les droits de la femme. Ce texte très important dans un pays comme le Mali, où, les femmes constituent plus de 51% de la population reste cependant méconnu des citoyens maliens.

L’Association Nationale des Juristes du Mali (ANJM) entend remédier à cette situation. Pour ce faire, il se propose d’organiser quatre ateliers de vulgarisation du protocole.

Le Centre Djoliba abrite depuis hier le premier atelier. Aujourd’hui 25 août 2006, le tour revient à la mairie de la Commune III du District de Bamako d’accueillir les conférenciers de l’ANJM.

Le troisième atelier prévu pour le 28 août 2006 aura lieu au Centre du Secteur privé à l’ACI 2000 non loin de la BHM. Le dernier atelier sur le protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux Droits de la Femme aura lieu à la mairie de la Commune IV.

Partout où les conférenciers iront, un trait d’union sera établi entre l’exercice des droits des femmes et le développement. Que dit le protocole de Maputo dans la protection des femmes ? Voilà des sous thèmes tirés du thème central.

LES OBJECTIFS

Les objectifs recherchés à travers l’organisation de ces quatre ateliers sont entre autres expliquer les différents droits de la femme, la vulgarisation du protocole de Maputo ; la conscientisation des groupes cibles (qui sont les femmes, la cible logique mais également les cadres, les associations de jeunes, les leaders d’opinion, les jeunes juristes, etc.) sur le respect de ces droits. L’un des objectifs recherchés est aussi d’inciter et d’encourager les mécanismes d’implication des femmes dans les sphères et prises de décisions.

CONTEXTE ET JUSTIFICATION

Selon Mamadou Fadiala Kéïta, président de l’ANJM, le choix du thème n’est pas fortuit. Il découle du fait que la démocratie et la lutte contre la pauvreté ne sauraient s’accommoder avec la non sauvegarde des droits de l’homme de façon générale et de ceux des femmes de façon particulière qui sont les plus nombreuses (plus de 51%).

L’Article 2 de la Constitution malienne stipule que les différents droits inhérents à la personne humaine doivent être reconnus pour tous. “La personne humaine est sacrée et inviolable”, dit la Constitution. Cela veut dire que l’exercice des droits de la femme ainsi que leur protection et leur promotion doivent faire l’objet d’attention particulière.

LA CITOYENNETE ET LE DEVELOPPEMENT

Le credo de l’ANJM est “le droit au service de la citoyenneté pour un développement durable”. Selon son président, le vrai obstacle du développement de l’Afrique en général et du Mali en particulier demeure le manque d’accès des populations à l’information.

La citoyenneté étant au début et à la fin du développement, comment agir de sorte qu’elle se renforce au bénéfice des principes démocratiques ? S’interroge l’ANJM.

COHERENCE ENTRE LES TEXTES NATIONAUX ET SUPRA-NATIONAUX

Le protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux droits de la femme complète les dispositions de la Charte Africaine des Droits de l’Homme. Il fait référence au niveau international aux articles 2, 18, 60 et 61 de cette charte pour une meilleure reconnaissance, une meilleure promotion et protection des droits de la femme en Afrique. Elle se réfère également à la résolution 1323 du Conseil de Sécurité des Nations Unies dans la promotion de la paix et de la sécurité.

L’acte constitutif de l’Union Africaine (UA) et le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) soulignent l’engagement des Etats Africains à assurer la pleine participation des femmes africaines au développement du continent.

Au niveau national, les dispositions juridiques comme la Constitution, le code du mariage et de la tutelle, le code pénal sont déjà prises en compte dans ce protocole afin d’assurer une cohérence d’instruments juridiques concourant à l’épanouissement de la femme.

Daba Balla KEITA

25 août 2006.