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Dix mois après l’avènement de la pandémie à coronavirus qui a sérieusement éprouvé l’humanité tout entière, l’espoir est permis. Le monde pourra enfin souffler. En effet,  un vaccin vient d’être mis au point par la firme pharmaceutique américaine, Pfizer. Même s’il ne s’agit, pour l’instant, que de résultats d’analyses préliminaires, beaucoup y voient déjà des signes encourageants dans la lutte contre la pandémie qui, en plus des hécatombes qu’elle a provoquées à travers la planète, aura sérieusement affecté l’économie mondiale. Si fait que nombreuses sont les sociétés ou entreprises qui ont dû mettre la clé sous le paillasson. Conséquences : pendant que les Bourses mondiales plongeaient, le taux de chômage grimpait à folle allure. C’est pourquoi il sied de féliciter les chercheurs qui ont mis les bouchées doubles pour rendre disponible ce vaccin dont on dit que la fiabilité est de 90%. Et ce n’est pas tout. Car, en attendant que Pfizer obtienne l’autorisation de commercialisation auprès de l’Agence américaine des médicaments (FDA), un autre vaccin expérimental, développé par une autre société américaine du nom de Moderna, est attendu dans les prochaines semaines. Chapeau bas donc aux chercheurs pour cette prouesse ! Ils méritent d’autant plus des lauriers que près de 40 ans après la découverte du SIDA, il n’existe toujours pas de vaccin. Alors, pourquoi ce deux poids deux mesures? Difficile de répondre à cette question. Etait-ce peut-être parce que le SIDA n’a pas commis autant de dégâts humains et économiques en plusieurs décennies, comme l’a fait le Covid-19 en moins d’un an, surtout dans les pays du Nord ? L’Afrique, quant à elle, a fait montre d’une résilience incroyable face au coronavirus alors même que certains oiseaux de mauvais augure lui prédisaient l’apocalypse.

Il vaudra mieux chercher à aller vers une solution globale

Cela dit, on ose espérer que les progrès qui ont permis d’arriver à la mise au point d’un candidat vaccin contre la Covid-19, contribueront  à booster la recherche sur le SIDA afin que soit trouvé un traitement sûr et efficace contre le VIH, pour débarrasser enfin l’humanité de ce redoutable virus. Ce n’est pas impossible, pour peu qu’il y ait la volonté. Car, il faut le dire, si l’on peut mettre autant d’argent dans la conquête de l’espace, juste pour prouver son hégémonie, on peut en faire autant pour la recherche afin de contribuer à l’élimination de certaines maladies graves qui résistent au  temps.  Pour revenir au candidat-vaccin anti-Covid-19, il faut craindre qu’il ne soit monopolisé par les grandes puissances au détriment des pays pauvres, en l’occurrence l’Afrique. L’inquiétude est d’autant plus fondée que les Américains, à eux seuls, ont déjà précommandé 200 millions de doses. L’Union européenne (UE), quant à elle, en a préacheté 100 millions. D’autres pays comme le Japon, le Canada et le Royaume-Unis ne sont pas restés les bras croisés tant et si bien qu’à ce jour, la demande a déjà largement dépassé l’offre.  En tout cas, au regard du mode de contamination de la Covid-19, ce serait une grave  erreur de croire que l’on peut en être à l’abri tant qu’il existera un seul cas confirmé sur la planète, étant donné que l’origine du mal reste encore inconnue. Plutôt donc que de faire preuve d’égoïsme, il vaudra mieux chercher à aller vers une solution globale à ce fléau qui menace le genre humain dans son existence.

Boundi OUOBA

Source: Lepays.bf