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Compte tenu de l’importance de la déclaration, nous vous la publions ci-dessous en intégralité la déclaration des jeunes du FDR

Dans quelques semaines, des élections générales pour le renouvellement des Institutions de la République auront lieu dans notre pays. Le souhait de tous les Maliens est que ces élections se déroulent dans une atmosphère de paix et de stabilité et qu’elles soient une étape importante dans la consolidation de notre jeune démocratie et contribuent à rehausser l’image du Mali. Malheureusement, un certain nombre de pratiques en cours, sont susceptibles de fausser les règles du jeu, d’entacher la transparence et la sincérité du scrutin et de compromettre la crédibilité des élections.

Il s’agit notamment de :

1 . la campagne permanente anticipée ouverte sur l’ORTM en faveur du candidat Amadou Toumani Touré. La radio et la télévision publiques donnent de notre pays une image affligeante : les moindres faits et gestes du candidat ATT et des groupes qui le soutiennent sont relayés de façon intensive tandis que les activités de l’opposition sont traitées avec une légèreté qui jure avec le professionnalisme et l’éthique journalistique. A ce rythme, ce sont les fondements mêmes du pluralisme qui sont menacés sur les ondes publiques maliennes.

Au même moment, une radio comme Jamakan de Markala (Ségou) est harcelée par les autorités locales parce qu’elle a rendu compte de la naissance du Front pour la Démocratie et la République ;

2. l’engagement partisan de hauts cadres de l’administration territoriale centrale et préfectorale : des gouverneurs de région et des préfets, en violation totale de l’éthique et des principes de neutralité de la haute administration, participent ouvertement aux activités de l’organisation politique qui soutient le candidat Amadou Toumani Touré, en l’occurrence « le Mouvement citoyen « . Or ces gouverneurs et ces préfets sont précisément ceux qui sont chargés par la loi de l’organisation et de la conduite des opérations électorales. Leur engagement partisan aura des conséquences négatives sur la crédibilité des élections et l’acceptation des résultats par tous.

Ce sont les préfets des cercles et le gouverneur du district de Bamako qui, aux termes de la loi, nomment les présidents et les assesseurs des bureaux de vote. Ceux d’entre eux qui s’affichent ouvertement avec le « Mouvement citoyen » portent le discrédit sur les décisions qu’ils vont prendre. Le cas du gouverneur du district de Bamako mérite un examen urgent des autorités nationales. Des élections équitables et apaisées dans le District sont incompatibles avec le maintien de cet administrateur civil dans ses fonctions,

3. l’utilisation des moyens de l’Etat à des fins de campagne en faveur du Président sortant, candidat à sa succession. Le Chef de l’Etat lui-même, des ministres, des directeurs généraux de services et d’entreprises publics, de projets de développement (notamment ceux de la CMDT et de l’Office du Niger) battent campagne au vu et au su de tout le monde avec des moyens appartenant à l’Etat. Des missions sont organisées avec l’argent public pour aller battre campagne en faveur du Président sortant ;

4. des activités partisanes menées par des officiers supérieurs de l’armée et de la gendarmerie, notamment, les pressions exercées dans les garnisons sur des militaires, des policiers et leurs familles par le « Mouvement citoyen » suscitent de légitimes inquiétudes du fait qu’elles entraînent la politisation de l’armée et des forces de sécurité dont la neutralité devrait être préservée par tous les acteurs publics. Entre autres, les activités de l’association de soutien au colonel Hamidou Sissoko dit Man et les récentes tournées du directeur du Service social des armées dans certaines garnisons mettent en évidence dans les années une dérive partisane dont le Mali démocratique n’a pas besoin. Ces officiers supérieurs et d’autres, qui s’adonnent aujourd’hui à de telles pratiques, sont en rupture par rapport au caractère républicain de l’armée et violent toutes les lois qui fondent le statut particulier des militaires et justifient la protection particulière dont ils sont l’objet, en l’occurrence la loi n° 02055 du 16 décembre 2002.

Les mouvements de jeunesse des partis et organisations membres du Front pour la Démocratie et la République ; indignés par ces atteintes graves aux biens de l’Etat, à l’équité et à l’égalité des candidats, soucieux du maintien de la paix sociale et de la cohésion nationale :
-exigent la démission du Directeur Général de l’ORTM, Sidiki N’Fa Konaté, du Directeur de la télévision nationale, Manga Dembélé et celle du gouverneur du District de Bamako, Ibréhima Féfé Koné ;
-invitent le Chef de l’Etat, Chef suprême des armées, à prendre les dispositions pour écarter de notre armée les officiers félons qui constituent pour elle un danger;
-exigent des élections régulières, transparentes et crédibles dont les résultats s’imposeront à tous.

Bamako, le 31 mars 2007

P/La Jeunesse FDR

Le Président

Dr Moussa Balla Diakité

02 avril 2007.