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C’est en fin septembre 2007 que Modibo Sidibé a été nommé comme Premier ministre, Chef du gouvernement. Moins d’une semaine après, il est parvenu à mettre en place une équipe gouvernementale le 3 octobre de la même année. Tout de suite, il s’est mis à la tâche avec l’ensemble des ministres.

Le 23 novembre 2007, le Président de la République lui a adressé une lettre de cadrage fixant les orientations et instructions résultant du Projet de Développement Economique et Social (PDES), sur la base duquel les Maliennes et Maliens l’ont réélu à une très large majorité.

Le Vendredi 14 décembre 2007, le Premier ministre Chef du Gouvernement, M. Modibo Sidibé s’est sacrifié en respectant la tradition Républicaine au Mali qui veut qu’un Premier ministre nommé soumette à l’appréciation des députés les grandes lignes de la politique qu’il entend conduire dans le cadre de l’accomplissement de la mission que le président de la République M. Amadou Toumani Touré lui a confiée. Cet exercice est appelé “la déclaration de politique générale du gouvernement”.

Il s’agissait pour le Premier ministre d’expliquer aux élus du peuple comment l’équipe gouvernementale qu’il dirige entend mettre en oeuvre dans les cinq années à venir le Projet de Développement Economique et Social (PDES).

Un an après, qu’est-ce qui a été fait? Qu’est-ce qui reste à faire pour les quatre prochaines années? Comme nous l’avions annoncé dans notre dernière livraison, c’est dans le domaine de la sécurité alimentaire que le Premier ministre Modibo Sidibé aura donné plus de satisfaction aux Maliens.


Sécurité alimentaire des populations

La meilleure façon de lutter contre l’insécurité alimentaire est de produire plus et mieux. Ainsi, en plus de porter le stock de sécurité alimentaire à 100 000 tonnes à l’horizon 2012, le Gouvernement réalisera :

• Le Programme d’Investissement et de Développement Rural des Régions du Nord Mali (PIDRN) de 17 milliards de francs CFA à Tombouctou et Gao ;

• Le Programme Intégré de Développement Rural de Kidal de 11,643 milliards de francs CFA ;

• Le Programme d’Appui à la Commercialisation des Céréales dans le Seno ;

• Le Programme National de Sécurité Alimentaire (PNSA) avec l’initiative ciblée sur les 166 communes les plus vulnérables”, avait déclaré le Premier ministre devant les députés.

A l’horizon 2012, ATT ambitionne de porter la production céréalière du Mali à 10 millions de tonnes, toutes céréales confondues dont 2,5 millions de tonnes de maïs, 1 million de tonnes de riz paddy à l’office du Niger.

Si le ciel continue à être clément pour nous, tout porte à croire que cet objectif sera atteint. En tout cas, le Mali est en passe de devenir une puissance céréalière à l’horizon 2012 avec une production de 10 millions de tonnes largement au-delà des besoins nationaux. Déjà, il semble que la moitié de cet objectif, soit 5 000 000 tonnes de céréales sera atteinte au terme de la campagne agricole 2008-2009.

Cette production céréalière record sera-t-elle croissante jusqu’en 2012? C’est cela la grande interrogation qui se pose, puisque cela dépend de plusieurs facteurs. D’abord, une bonne pluviométrie répartie dans le temps et dans l’espace, ensuite une volonté politique clairement affichée, et puis l’engagement des producteurs.

Au cours d’une conférence de presse tenue le 20 novembre 2008 à l’hôtel Salam de Bamako, le ministre de l’Agriculture, le Pr. Tiémoko Sangaré a dévoilé les estimations de production de la campagne agricole 2008-2009. Ladite conférence de presse s’est déroulée en présence des membres de son cabinet et de la Cellule de Communication de la Primature.

Pressentie comme prometteuse, la campagne agricole 2008-2009 a été marquée par un contexte difficile, lié à la hausse généralisée des prix des denrées alimentaires, mais aussi des prix des intrants notamment ceux des engrais. C’est dans ce contexte que le gouvernement, pour faire face à la flambée du prix du riz, a lancé son ambitieux projet visant à porter la production du riz à 1 618 000 tonnes, pour une production de riz marchand estimée à 1 000 000 tonnes pour couvrir les besoins de consommation du pays.

L’Initiative Riz, voulue comme une réponse structurelle à la crise de produits alimentaires, est devenue la locomotive de toute la campagne agricole. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec une production globale estimée à 1 624 246 tonnes, l’Initiative Riz aura tenue toutes ses promesses, atteignant un taux de réalisation de 100,39%.

Il faut signaler pour rappel, que l’Initiative Riz a été lancée par le gouvernement dans le contexte de la crise généralisée sur les prix des denrées alimentaires, ayant connu la plus forte croissance depuis le milieu de l’année 2007. La volonté affichée était de mobiliser toutes les parties du territoire présentant de réelles potentialités pour la culture du riz.

Le plan opérationnel qui a été mis en oeuvre prévoit des subventions à apporter pour les semences dans les nouvelles zones de production ; la mécanisation de la production ; l’encadrement des exploitants agricoles par le recrutement de 102 encadreurs pour renforcer le dispositif existant ; et enfin les subventions pour les engrais.

Poursuite du désenclavement

Dans le domaine de la réalisation des infrastructures routières, des objectifs bien chiffrés sont consignés dans le PDES. C’est ainsi qu’il est prévu la réalisation de 4 600 km de routes pour environ 766 milliards de F CFA. La phase II du programme Sectoriel de Transport (PST 2) sera exécutée en plusieurs tranches: 2008, première tranche ; la deuxième tranche sera exécutée en 2009 et la troisième tranche à partir de 2010.

Dans le cadre du projet d’Appui aux Sources de Croissance et du Millénium Challenge Account (MCA), l’Aéroport International de Bamako Sénou sera rehabilité et étendu. Les travaux ont déjà démarré dans ce sens.

Le week-end dernier, le président ATT a inauguré le tronçon Gao-Ansongo-Labbézanga-frontière du Niger. Cette route, entièrement financée par la coopération européenne aura coûté la bagatelle de plus de 38 milliards de francs CFA.

Daba Balla KEITA

16 Décembre 2008