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Cinq ans après son adoption, la déclaration de Bamako vient d’être passée au peigne fin par les experts des Etats membres de l’OIF.

En effet, du 6 au 8 novembre 2005, Bamako a abrité le Symposium international de la francophonie sur les pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone.

L’acte final qui a sanctionné le Symposium, «renouvelle solennellement les engagements de la Déclaration de Bamako».

Se fondant sur l’action développée durant ces cinq dernières années, le Symposium a exprimé sa volonté d’ancrer toujours plus fermement l’exigence démocratique dans l’espace francophone pour servir la paix et le développement.

En effet, il y a cinq ans à Bamako, la francophonie, dans un souci de progrès a adopté des principes et pris des engagements pour la promotion et le respect de la démocratie, des droits et des libertés autour d’un corpus normatif et novateur qui lie tous ses membres.

Le Symposium a salué les avancées indéniables intervenues depuis lors au titre de la consolidation de l’Etat de droit, de la tenue d’élections libres, fiables et transparentes, de l’avènement d’une vie politique apaisée, de la promotion d’une culture démocratique intériorisée et du plein respect des droits de l’homme.

Des insuffisances persistent

Toutefois, sur la base du premier rapport de l’Observatoire sur l’état des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone et d’autres sources pertinentes, le Symposium a mis en exergue des insuffisances, des lacunes et voire des échecs.

Ce sont : la résurgence des coups d’Etat, l’utilisation non démocratique des constitutions, le manquement à l’engagement d’informer l’OIF sur les pratiques nationales de la démocratie, des droits de l’homme et de l’état de droit et des violations répétées des droits de l’homme.

Cependant, le Symposium a rappelé, conformément aux termes de la déclaration de Bamako, que, dans le respect des principes universels, il n’existe pas de modèle unique de la démocratie, que la démocratie et le développement sont interdépendants, et que la démocratie garantit la paix et la sécurité humaine.

Pour faire face à la montée des menaces contre la stabilité des nations et la paix internationale, le Symposium invite l’OIF à accroître ses efforts en faveur de la diplomatie préventive, fondée sur l’alerte précoce et la médiation.

Le Symposium a estimé qu’il est nécessaire que l’OIF conjugue de façon étroite ses initiatives avec celles des institutions internationales tant universelles que régionales, poursuivant les mêmes objectifs.

Mieux, le Symposium a indiqué que cette coopération portera aussi bien sur l’élaboration de principes et de concepts nouveaux tels que ceux de la responsabilité de protéger et de l’obligation de non indifférence, que sur le renforcement des procédures d’information et de concertation mutuelles comme les réunions périodiques de haut niveau entre l’ONU et les organisations régionales, ainsi que sur la mise en oeuvre d’actions conjointes.

Par ailleurs, dans le souci de donner toute son efficacité à la Déclaration de Bamako, le Symposium a formulé plusieurs recommandations.

En ce qui concerne l’approfondissement de la démocratie, des droits de l’homme et du l’état de droit, le Symposium souhaite une meilleure prise en compte des droits économiques, sociaux et culturels tels que prévus dans le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

Il a aussi exigé l’amélioration des processus électoraux par le contrôle du financement des campagnes électorales, la professionnalisation des organes responsables de la gestion des élections, la constitution d’un état civil fiable.

Quant à la prévention des crises et des conflits et les dispositifs d’alerte ; il a été recommandé à l’OIF de renforcer la concertation avec les Etats et les gouvernements, développer des indicateurs et des concepts opératoires, de conflictualité.

Dans le domaine de la consolidation de la paix, le Symposium a recommandé des appuis, toujours plus adaptés, aux processus de sortie de crise et de transition par un accompagnement approprié sur le plan juridique et politique, dans le respect de la créativité et des dynamiques endogènes, ainsi que par une prise en compte plus systématique des dimensions économiques et sociales de la reconstruction.

Assane Koné

9 novembre 2005.