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Dans les rues de Bamako, il arrivait que les gens évoquent le nom de Fatoumata Siré Diakité lorsqu’il s’agissait d’aider une femme violentée ou solutionner la détresse d’une demoiselle confrontée au mariage forcé. Décédé le 14 octobre 2016 dans un hôpital parisien, cette amazone des temps moderne laisse simplement un vide difficile à combler : celui de la femme courage.

La prof d’Anglais qui n’avait pas peur de l’adversité a surtout été révélée au grand public pendant les premières heures de la démocratie malienne. Pour cause: sa combativité en faveur de la promotion des droits de la femme. La présidente et fondatrice de l’Association pour le progrès et la défense des droits des femmes (ADPF) créée en 1991, était aussi Directrice exécutive régionale de la Coalition contre le trafic des femmes en Afrique.

Elle aura été responsable syndicale pendant plus de vingt ans, militante des droits fondamentaux et humains de la femme et de l’enfant. Elle-même se décrivait comme une activiste, féministe africaine détestant l’injustice, l’abus de pouvoir et la méchanceté. « Je suis respectueuse des valeurs culturelles et religieuses positives favorables à la promotion et à la protection de la femme dans tous les domaines, à une justice sociale particulièrement en faveur des femmes et des enfants, mais aussi des hommes démunis et sans défense », confiait-elle.

A l’international, Fatoumata Siré Diakité bénéficiait d’une notoriété particulière qui a d’ailleurs poussé le journal « L’Express » de France (août 1995) à la classer parmi « les 100 Femmes qui font bouger le monde ». Les Femmes de Rochester, New York (USA), l’avaient désigné comme une des « 100 héroïnes du monde » (Octobre 1998).

Pour The American Biographical Institute (ABI), en 1999 elle était la « Femme de l’Année ». Fatoumata Siré Diakité qui laisse derrière elle trois enfants, était aussi une célébrité pour les officiels maliens. Ainsi, le 31 juillet 2000 elle a reçu le « Prix Aoua Kéïta », prix de la lutte en faveur de la promotion des Femmes au Mali.

Soumaila T. Diarra

Du 17 Octobre 2016