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Le monde de la littérature en deuil

Le chantre de la négritude Aimé Césaire est mort jeudi 17 avril à l’âge de 94 ans. Au Mali, sa disparition a été ressentie par les éditeurs comme une énorme perte. Le président de l’Organisation malienne des éditeurs du livre (Omel) affirme que c’est un baobab qui est tombé.

Nous écrivions dans notre parution d’hier qu’Aimé Césaire était dans un état critique. La maladie dont il souffrait a eu finalement raison de lui jeudi dans la mi-journée. Le poète martiniquais, chantre, avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor, de la « Négritude », et auteur du « Cahier d’un retour au pays natal » est mort le 17 avril 2008 à l’âge de 94 ans au CHU de Fort-de-France (Martinique).

Au Mali, le décès d’Aimé Césaire a été ressenti avec une grande amertume. Le président de l’Organisation malienne des éditeurs de livres, Hamidou Konaté, directeur général des éditions Jamana ne tarit pas d’éloges à l’endroit de celui qu’il considère comme le père de la négritude. « La mort d’Aimé est une très grande perte pour l’Afrique. Césaire a été un grand panafricaniste convaincu. Il a éveillé la conscience des Noirs. Perte aussi pour le monde du livre. Son livre, Cahier d’un retour au pays natal, est dans toutes les sphères. Nous ne pouvons que nous incliner devant la mémoire de ce grand homme. Nous souhaitons qu’il y est d’autres Aimé Césaire ».

La directrice de Cauris éditions, Kadiatou Konaré que nous avons joint au téléphone, s’est dit bouleversée. Au-delà de l’humaniste, du grand poète, le décès de Césaire est ressenti par elle comme celui d’un être cher.

On se rappelle qu’en juin 2003, au moment où la Martinique fêtait les 90 ans de Césaire, Mme Dramé Kadiatou Konaré organisait à Bamako une manifestation de 3 jours pour lui rendre hommage. Mme Dramé se souvient de ses rencontres avec celui qu’elle considère comme son grand-père. « Nous sommes allés le voir et échanger. Nous lui avions dit que la jeunesse malienne africaine lui sera reconnaissante surtout avec la création du mouvement comme la négritude. Nous souhaitons qu’il soit à jamais immortel ».

Aimé Césaire a consacré sa vie à la poésie et à la politique. C’est en 1939, dans son célèbre recueil « Cahier d’un retour au pays natal » qu’il fait une entrée fracassante en poésie, employant pour la première fois le terme de « Négritude ».

Amadou Sidibé