Partager

L’objectif était de permettre à chacun de mieux appréhender son rôle pour participer activement et pleinement à l’édification des collectivités locales afin de contribuer au développement du pays. Pour aborder donc le thème, le CS ATT a fait appel à deux éminents conférenciers. Il s’agit de Souleymane Dé, professeur de Droit constitutionnel à la Faculté des sciences juridiques et politiques (Fsjp) et de Moussa Ben Deka Diabaté, consultant et non moins conseiller communal au niveau de la commune III du District de Bamako. Aux côtés des deux orateurs au présidium, se trouvaient le modérateur, Youssouf Diakité, conseiller au ministère de l’éducation, le Maire de la commune III et parrain de l’événement, Abdel Kader Sidibé ainsi que le président du CS ATT, Adama Koné. Honorables députés, élus communaux, leaders religieux, chefs coutumiers, universitaires, membres de la société civile, étudiants et plusieurs autres personnes ont assisté aussi à la conférence.

En effet, l’organisation de cette conférence est partie d’un constat. C’est le fait que les rapports entre les populations, la société civile, les représentants des populations, les ONG et les pouvoirs publics au niveau de la gestion du développement local ne sont pas très bien explicités. C’est-à-dire qu’ils sont méconnus ou mal vulgarisés. Des mêmes remarques, la problématique que vivent les collectivités se trouve dans la plupart des cas à la base des incompréhensions. Toute chose qui crée des situations conflictuelles rendant difficiles ou peu agréables la coopération et la collaboration entre les différents partenaires. Des complications qui sont dues au fait que le socle de développement que constituent la décentralisation et les collectivités locales sont confrontées à des interprétations qui sont loin des réalités et du cadre organisationnel approprié à la gestion des collectivités locales.

Les tribuns dans leurs exposés ont, de façon générale, déduit que la décentralisation est un échec. Abdoulaye Dé a avancé quelques aspects du blocage ou des difficultés du bon fonctionnement des communes. D’abord, il n’y a aucune loi dans le pays qui oblige l’Etat à faire le transfert de compétences aux collectivités. Ce qui parait aussi anormal aux yeux de Dé, c’est le fait que le conseil communal se tient une seule fois tous les trois mois.

Ce qui est insuffisant pour discuter des problèmes de la commune qui sont si importants. Selon Abdoulaye Dé, les décisions communales prises sont méconnues par la population dont la majorité est analphabète. Un analphabétisme qui ne se situe pas seulement au niveau de la population. Il se trouve également dans le rang des conseillers. «L’une des difficultés auxquelles les communes sont confrontées est que les 95% des conseillers communaux du Mali n’ont pas le niveau pour discuter les questions de développement», a martelé Moussa Ben Deka Diabaté. Pour permettre aux populations et aux élus de se comprendre, le professeur de droit constitutionnel a proposé de faire en sorte que le conseil de quartier ou de village soit l’interlocuteur entre la population et les élus. Il a suggéré de permettre à la population de faire des pétitions pour que soient prises en compte leurs préoccupations. Enfin, Abdoulaye Dé a proposé un référendum décisionnel pour asseoir la garantie aux citoyens de participer sur toutes les questions relevant du développement de la commune. C’est-à-dire, poser le projet communal à l’appréciation de la base.

Hadama B. Fofana

23 aout 2010