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La Constituante tunisienne a lancé vendredi la procédure d’adoption de la Constitution qui doit être achevée avant le 14 janvier, 3e anniversaire de la révolution qui déclencha le Printemps arabe, afin de doter enfin la Tunisie d’institutions pérennes. Élue en octobre 2011, l’ANC était censée achever ses travaux un an plus tard, mais le climat politique délétère, alourdi par l’essor de groupes jihadistes armés et des conflits sociaux parfois violents, a considérablement ralenti le processus. Les principaux partis, les islamistes d’Ennahda majoritaires à l’ANC et l’opposition en tête, ont négocié ces dernières semaines une série de compromis pour permettre l’adoption de la Loi fondamentale à la majorité des deux-tiers des 217 élus, et éviter un référendum.Les élus doivent se prononcer sur un préambule et 146 articles du projet de Constitution finalisé en juin mais qui était loin de faire le consensus. Une trentaine d’amendements doivent consacrer le compromis négocié depuis. Plus de 200 autres amendements ont été déposés, dont plusieurs pour tenter d’introduire l’islam comme source du droit, mais ils n’ont que peu de chances d’aboutir. Un compromis trouvé concerne les prérogatives du chef de l’Etat, sujet clé après cinq décennies de dictature. Ennahda, qui voulait les réduire au maximum, a finalement accepté que le Premier ministre et le président partagent le pouvoir exécutif. Sur le plan des droits de l’Homme, le projet de texte garantit notamment les libertés d’expression, de conscience, de rassemblement et le droit de grève. AFP.