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Le Premier ministre Moussa Mara a édifié les élus de la nation sur l’achat du nouvel avion présidentiel acquis pour 18 milliards de F CFA. Pour le PM, l’achat du Boeing était une nécessité pour le Mali et les procédures d’achat sont légales.

Au cours des débats sur la politique générale du gouvernement (DPG) défendue par le Premier ministre Moussa Mara, un député de l’opposition, Mamadou Hawa Gassama a voulu en savoir davantage sur les conditions d’acquisition du Boeing présidentiel.

En réponse, Mara a donné des informations sur l’ancien avion présidentiel qu’ATT utilisait mais également sur le nouvel Boeing 737-700 d’IBK. Aux dires du PM, l’audit effectué révèle que le Mali ne peut justifier la propriété de l’avion dit présidentiel d’ATT qui, au départ, était destiné à être un cargo militaire. A ses dires, l’Etat malien n’a aucune trace de paiement de cet avion. Et d’ajouter que les services de l’Etat malien n’ont aucune preuve d’immatriculation du Boeing 727.

Sur le plan technique, ajoutera-t-il, l’ancien avion présidentiel n’a jamais respecté les « exigences« du constructeur. « Si c’était un avion commercial, il ne pouvait être autorisé à voler« , a laissé entendre M. Mara. Dans de telles conditions d’acquisition, « un Etat sérieux ne se prête pas à ce jeu« .

S’agissant du nouveau Boeing acquis par l’Etat malien pour être un avion présidentiel, le PM a affirmé que le Mali avait le choix entre louer un jet privé pendant 4 ans pour un montant de 20 milliards F CFA ou acheter un Boeing au même prix (20 milliards de F CFA). Le chef du gouvernement a aussi indiqué que l’argent qui a servi à l’achat de l’avion « est un emprunt« et que l’Etat s’est engagé à le rembourser sur 4 ans. Il précisera que « l’avion acquis à 20 milliards de F CFA n’appartient pas à IBK mais au peuple malien« . Et de conclure que « la procédure d’achat de l’appareil est tout à fait légale« .

Le député élu à Barouéli sous les couleurs de l’Union pour République et la démocratie (URD, opposition) Mody Ndiaye, est revenu à la charge en s’interrogeant sur l’identité de celui qui a autorisé l’achat de l’avion. Et de s’empresser de noter que l’Assemblée nationale n’a jamais été au courant de l’achat de l’avion.

Des enquêtes et investigations méritent d’être faites également sur le Boeing 727 d’ATT.

Amadou Sidibé

Les Echos du 6 Mai 2014