Partager


« L’Initiative riz » est un projet du Premier ministre, Modibo Sidibé. Il a été lancé, juste avant le début de la saison des pluies. Déjà, en début de récoltes, le ministre de l’Agriculture, Tiémoko Sangaré déclarait qu’elle était une réussite, puisqu’elle tablait sur un million de tonnes de riz.

La question a mobilisé toute la nation. Ceux qui n’aiment pas Modibo Sidibé ont pris en grippe l’Initiative, oubliant qu’il a pour objectif de bénéficier à toute la nation. C’est connu, le Mali, rien qu’à l’Office du Niger, dispose de plus d’un million d’hectares irrigables par gravitation. Or, à ce jour, c’est à peine si nous exploitons les 30 %.

Dans l’Initiative, il y a deux challenges. Au niveau d’abord de la philosophie. Au-delà des contingences factuelles, « l’Initiative riz » a permis à la nation de se mobiliser autour de l’agriculture, de réfléchir sur comment faire réellement que l’agriculture soit le moteur de notre développement. Tout le Mali a subitement pris conscience que l’agriculture est à la fois créatrice d’emplois, de valeurs ajoutées, d’autonomie, de richesse.

En cela, nous avons déjà les bénéfices, car Modibo Sidibé ou pas, cet esprit a germé, cette conviction qui s’est concrétisée par le retour des jeunes dans les champs est devenue une réalité, une victoire, une réussite. Et puis, franchement, quelle importance que la récolte soit d’une tonne ou de trois millions, à partir du moment où l’on a réussi à développer un concept, à mobiliser tout une nation autour d’un idéal de développement, qui, par définition et par essence, va au-delà d’une campagne saisonnière ?

Ensuite, au niveau des résultats. Pour cette année, en dépit des prises de position, des analyses, nous n’avons eu aucun chiffre, aucun spécialiste, aucun producteur démentir publiquement les chiffres avancés par le département. Que ceux qui ont des chiffres ou des arguments techniques les avancent ! Le débat sera plus riche et dépassera la personne du Premier ministre, car s’il a été l’instigateur, la cheville ouvrière, celui qui a tout mis en musique, il n’est pas celui qui récoltera les fruits !

L’autre paramètre dont on parle peu, ce sont nos opérateurs économiques. Il existe une « vraie mafia du riz » qui sévit aux bords de nos champs, et qui, tablant sur une saison dure, à l’image de 2008, a stocké. Les magasins de Bamako et de Niono de ces opérateurs économiques sont pleins.

Au Mali, ce qu’il faut déplorer surtout, c’est le manque de maîtrise de la politique des prix. Aucun gouvernement n’a jamais pu maîtriser les prix des denrées. Prenez par exemple la viande. Notre pays est cité comme un grand producteur de viande, mais le kilo nous coûte les yeux de la tête.

Le dernier aspect concerne la politique politicienne. Ce n’est un secret pour personne, les Hamed Diane Séméga et autres Hamed Sow n’aiment pas le Premier ministre Modibo Sidibé. Ils oublient, surtout pour Séméga qui se dit ami d’ATT, qu’aider Modibo, c’est d’abord aider ATT, si cette amitié était sincère. Dans tous les cas, nous vous promettons des révélations sur tout ce qui se passe si cela perdure.

Mais, pour revenir à « l’Initiative riz », ma conviction est qu’elle a réussi. En entendant, qu’à visage découvert, quelqu’un le démente.
Amadou Siriki Traoré

(Djikoroni Dontèmè II)

13 Mars 2009