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Dans son débat « Société et développement » dédié à la crise malienne, les représentants des trois grands regroupements politiques antagonistes créés au lendemain du coup d’Etat du 22 mars 2012 étaient les invités d’Abdoulaye Barry sur la chaîne panafricaine : Me Kassoum Tapo, du Fdr, Hamadoun Amion Guindo, de la Copam, et le Dr Edmond Dembélé de l’Adps. Ledit débat a été une occasion pour Me Kassoum Tapo d’indexer la Copam à propos de l’agression du président de la transition, le Pr Dioncounda Traoré.

Première grande rencontre entre les trois protagonistes depuis le début de la transition, ce débat ne fut pas moins une belle occasion pour les trois tendances de la classe politique malienne (les pro-putschistes, les anti-putschistes et les modérés) de se rencontrer après l’agression du président de la transition. Sur cette dernière question, Me Kassoum Tapo accuse la Copam d’être les auteurs de l’agression du président de la république, le Pr Dioncounda Traoré. Selon ses propos, à 48 h de la fin de l’intérim de Dioncounda, ces mêmes personnes ont appelé sur une radio privée à célébrer le 41è jour de sacrifice de Dioncounda.

Et il y a des gens qui ont appelé en direct à la radio en disant : « nous allons amener son corps ». Malgré le retrait du capitaine qui a accepté que Dioncounda continue la transition après les 40 jours, certains ont convoqué une convention. Ils ont tenu la convention et c’est de la convention que la marche est partie à Koulouba. « Nous sommes des gens responsables (le Fdr), si vous voyez qu’on a suspendu notre marche de protestation, c’est parce que nous sommes des responsables.

Ça, c’est du pur droit. Donc ceux qui ont organisé cette convention, qui ont programmé cette marche sont les auteurs intellectuels de ce crime », a soutenu Me Tapo. Et Hamadoun Amion Guindo de battre en brèche ces accusations et estime qu’on doit attendre la fin des enquêtes menées par le gouvernement pour situer les responsabilités. «La Copam n’a pas appelé à une marche mais plutôt à une convention», s’est-il défendu.

Et il accuse à son tour une défaillance de la sécurité du Président. « Dioncounda a reçu, le matin, une délégation de jeunes avant d’être agressé. Comment peut-on comprendre qu’un président de la république soit agressé ? Ou était la garde présidentielle ?» s’est-il demandé. Le Dr Edmond Dembélé, de l’ADPS, quant à lui, appelle à la retenue : « nous n’avons aucune preuve. Laissons l’enquête se terminer. Faire des suppositions ou autre chose, c’est entrer dans la géomancie. Des personnes auraient été arrêtées non pas pour agression contre le président de la République mais pour trouble à l’ordre public.»

Abdoulaye OUATTARA et Madissa Kaba Diakité

05 Juin 2012