Partager

Ce n’est ni la perspective des élections générales de 2007 encore moins le contexte politique actuel qui expliquent la démarche du Parena. Ce parti qui s’est toujours voulu un “think tank” pour les citoyens a choisi pour ce séminaire de formation, qui est la suite d’une série commencée bien longtemps, le thème de l’emploi des jeunes.

La problématique de l’emploi des jeunes, a dit Tiébilé Dramé, pour parler du cas malien, empêche des milliers de Maliens de fermer l’œil. La gravité du problème touche toutes les couches sociales du pays : “ceux qui sont allés à l’école comme ceux qui n’y ont jamais été”.

Paraphrasant une citation, presqu’une boutade, de Hô Chi Min sur le paradoxe de l’indépendance et le développement, Tiébilé Dramé invita les militants de son parti à la réflexion : “La démocratie a-t-elle un sens si le nombre de la population pauvre continue à s’étendre ?

Mais, a prévenu M. Dramé, il faudrait se garder de verser dans la naïveté des marchands d’illusions : “Nous savons que ce n’est pas un problème facile à résoudre”.

Et c’est pourquoi le parti du bélier Blanc se pose certaines questions censées apporter un début de réponse au problème. Ainsi s’est interrogé le président du parti : “peut-on créer des emplois si nous ne transformons pas ce que nous produisons ?

Un des thèmes était : “l’emploi des jeunes : état des lieux”. Ce thème a été exposé par Sidi Mohamed Zouboye, 1er vice-président du Parena. « Il suffit de voir les jeunes à la conquête de la mer, dans des embarcations de fortune pour aller en Europe pour savoir que l’emploi est bien plus complexe que ce que l’on pense de façon générale« . Et l’emploi qui a une fonction sociale est devenu un indicateur politique. Ce fait explique pourquoi il est beaucoup plus important que la croissance économique pour les hommes politiques.

Malgré cette importance, le problème de l’emploi ne peut être résolu de façon définitive. Selon Sidi Mohamed Zouboye, il y a à cela des facteurs naturels dus à la sécheresse, aux inondations et autres calamités qui ne dépendent pas directement des hommes.

Cependant, nous devons nous interroger sur le rôle de l’Etat. Beaucoup de personnes considèrent que l’Etat doit encore fournir des emplois en oubliant que le secteur privé peut aussi faire autant, sinon mieux. Or le contexte économique ne se prête plus à cette politique qui a connu ses limites depuis les années 1986. “Nous sommes à une époque de sous investissement, sous-équipement : il n’y a pas d’infrastructures adéquates et la mauvaise gouvernance existe”, a expliqué M. Zouboye.

Le premier vice président du PARENA n’a pas oublié les facteurs externes du manque d’emploi, à savoir : la spéculation sur les matières premières et les fluctuations du coût du pétrole.

Le Parena n’a pas de solutions toutes faites au problème d’emploi. Pourtant préconise M. Zouboye, il faut un nouveau paradigme, saisir les opportunités car il n’y a pas de marché fixé d’emploi.

Et pourtant, il y a des potentiels. Le Mali est un pays agro-sylvo-pastoral avec près de 80 % de sa population vivant en zone rurale. Cette population se caractérise par sa jeunesse avec 43 % de moins de 20 ans et 68 % de moins de 35 ans. Le tissu économique est constitué d’un secteur primaire occupant la majorité des forces vives, le secteur secondaire et tertiaire moins développé se partagent le reste.

Depuis les années 80, avec les politiques d’ajustement structurel en passant par les politiques mises en place par les différents gouvernements de notre pays et en arrivant à la mondialisation de nos jours, le constat est amer : la question de l’emploi va de mal en pis. Les raisons, comme on l’a évoqué plus haut, sont multiples : inadéquation entre l’emploi et la formation, mais aussi et surtout la mauvaise gouvernance.

Ainsi, pour le Parena, une bonne gouvernance apparaît comme la condition sine qua non à la synchronisation des actions déployées afin de réussir une bonne politique de l’emploi. _ Le parti du Bélier Blanc est attentif depuis quelques années aux efforts consentis de part et d’autre avec l’adoption de politiques visant à résoudre, par l’Etat, l’emploi des jeunes.

Nonobstant les efforts déployés par l’Etat, l’emploi continue d’être une préoccupation majeure. “Le manque d’emploi et le chômage ont atteint un seuil intolérable pour la société malienne” et a des conséquences graves comme l’émigration. C’est pour trouver une solution au problème que le PARENA s’est prononcé au cours de ce séminaire sur des thèmes aussi divers que “le secteur privé et sa capacité de création d’emploi” et “le monde rural et emploi des jeunes”.

Ismaïla T. Diarra

12 mars 07