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En 2010, le Mali fêtera ses cinquante années de souveraineté nationale. C’est beaucoup dans la vie d’une Nation. Ça vaut le coup de regarder dans le passé et savoir comment redémarrer et ou commencer.

Lorsqu’on pose la question à l’ancien président, le général Moussa Traoré qu’est ce qu’il regrette le plus ? Il vous répondra sans ambages que son seul regret c’est de n’avoir pas pu changer la mentalité de l’homme malien pendant ses vingt trois ans (23 ans) de règne.

Lors de la présentation des vœux, le général Amadou Toumani Touré a dit la même chose sous une autre forme très claire : «il reste à faire un seul forum maintenant c’est celui de l’homme malien lui-même qui est mauvais.»

Lorsqu’on analyse les deux propos de ces généraux une seule idée ressort : comment changer la mentalité de l’homme malien ? Ce sont ces mêmes militaires qui ont hypothéqué le pouvoir au Mali pendant 23 ans en mettant le pouvoir de l’argent au dessus de tout. Eh oui ! L’argent d’abord et le reste suivra. D’où vient la racine du mal de l’homme malien ?

Tout a commencé en 1968 avec l’avènement du Comité militaire de libération nationale (CMLN) un 19 novembre. Lorsque la junte militaire s’est emparée le 20 novembre 1968 des fonds déposés au trésor public, on comprend aisément les raisons de leur putsch.

Cette confidence devenue un secret de polichinelle a été faite au procès dit «la bande des trois» à Tombouctou. Dans ce contexte de vol de l’argent public à visage découvert, qui a peur de qui ?

Autre acte de la junte, c’est le changement du nom de quartier de «Datècoumana en Millionkin» par la construction des villas de la sècheresse. Très tôt, le nouveau quartier des millionnaires a pris une ascension fulgurante avec des villas qui ont poussé partout.

A l’époque, les jeunes cadres de l’administration qui ont vécu les faits sont aujourd’hui les tenants du pouvoir. La preuve ? C’est l’illustration la plus flagrante de la gestion du régime Adéma dont les cadres sont les purs produits du Comité militaire de libération Nationale (CMLN)
et de l’UDPM.

Par gourmandise envers la chose étatique, les démocrates sincères et patriotes convaincus (de détourner la chose publique) ont pillé les ressources du pays.

Résultat : 21 milliardaires de la République tous issus du régime Adema.
La transition de 91 est passée par là. C’est-à-dire la délinquance financière (affaire du trésor). A la fin de la transition, tous les ministres ont acheté des immeubles à l’extérieur à l’exception du président ATT, du Premier ministre, Soumana Sako et de Mme Sy Maïmouna Ba (paix à son âme).

En 2002, adieu le parti abeille, vive ATT. Mais c’était pour passer sous silence la grande délinquance commise par l’Adéma de 1992 à 2002. C’est pourquoi le général Amadou Toumani Touré est revenu en balayeur de la maison Mali. Mais hélas ! La preuve, consultez les rapports de la CASCA et du Vérificateur général.

Des records battus en matière de détournements de deniers publics, 103 milliards de perte pour l’Etat. Si les généraux Moussa Traoré et Amadou Toumani Touré n’ont pas pu changer la mentalité de l’homme malien parce qu’ils ont été atteints par le virus de l’argent. Qui pourra le faire ? Certainement Soumana Sako.


Amy SANOGO

12 Janvier 2009