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Les initiateurs d’un tel projet ont estimé que cela était, pour eux, un devoir de mémoire, une manière de rendre un vibrant hommage à un homme de mérites.

Mais, au moment où le projet est en train de prendre corps, notamment avec la mise en place d’une commission d’organisation des funérailles nationales et officielles de Modibo Keita, des réactions se font entendre au sein de la population, qu’on pourrait peut être assimiler à des grincements de dents à son encontre.

Qu’est-ce à dire ? On comprend qu’autour de l’ancien président de la République, il n’y a pas l’unanimité par rapport à tous les aspects de sa gestion des affaires publiques.

LE REVEIL DES DEMONS

Ce n’est pas cela le plus important. En effet, ce que l’on constate avec la naissance de ce projet, c’est surtout le réveil de mauvais souvenirs que certains croyaient enterrés pour de bon.

A cela, il faut craindre une exacerbation des relations sociales et politiques au Mali, encore que cela est contraire à la démarche et à la philosophie politique d’ATT qui se bat continuellement depuis son arrivée au pouvoir pour la réconciliation de tous les fils du pays. Toute chose qui a d’ailleurs représenté le socle du consensus politique en cours.

UN DEBAT QUI EDIFIERA LES JEUNES GENERATIONS

Alors que va-t-on faire ? Poursuivre la réalisation de ce rêve ? C’est le temps qui nous édifiera.

Mais en attendant, au sein de l’opinion publique nationale, le débat est animé autour de la question, de l’opportunité même du projet au state actuel de notre processus démocratique.

Au demeurant, nul ne conteste le fait que Modibo Kéïta fut une grande personnalité de l’histoire malienne, voire africaine, qu’il fut un patriote.

D’ailleurs, ce sont toutes ces qualités qui lui ont valu la reconnaissance déjà officielle à travers l’érection d’un mémorial en son nom.

La salle des spectacles Modibo Kéïta du Palais de la Culture et le Stade Omnisports Modibo Kéïta sont tout autant des symboles de la reconnaissance des qualités et des efforts de l’ancien président pour sa patrie.

A ces occasions, il y a eu peu de réactions négatives tant ses mérites d’homme d’Etat sont sans équivoque.

Mais avec l’organisation de funérailles nationales et officielles pour lesquelles d’ailleurs une commission d’organisation a été mise en place, les réactions se multiplient et elles ont cette spécificité de relancer le débat sur les oeuvres du défunt président, tous les actes qu’il aura posés le long de son règne.

Ce qui est indéniable, c’est que chez tout humain, il y a le côté face et pile, le bon et le mauvais côté.

Les nouvelles générations qui savent très peu de choses sur le président Modibo Kéïta, la première République, auront sans doute l’opportunité, à travers le débat contradictoire en cours, d’être mieux édifiées sur l’état de la nation de cette période décisive de l’histoire du Mali.

La première République a, en effet, posé les jalons du développement socio-économique du pays et de la diplomatie. Elle représente de ce point de vue un repère historique qui mérite une attention particulière.

En effet, au stade actuel du processus démocratique au Mali, il importe que, de temps à autres, on jette un regard rétrospectif sur les actes posés afin de mieux s‘orienter, d’éviter, par la même occasion, les erreurs du passé.

Moussa SOW

09 août 2005