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«Nous n’avons rien payé. L’Etat malien n’a déboursé aucun franc. Je suis vraiment gêné d’être interpellé sur ce sujet. On a réussi la libération des hommes qui ont enduré beaucoup d’épreuves et on vient me demander combien on a payé. Non. J’ai d’autres préoccupations pour utiliser l’argent public, notamment l’école, la cherté de la vie, l’insécurité routière».

Ces mots ont été prononcés par le président Amadou Toumani Touré, hier lundi, à l’aéroport de Bamako Sénou, à son retour de Gao, où il s’était rendu la même journée pour accueillir les 22 derniers otages militaires détenus par la bande à Bahanga, lesquels ont été rendus à la liberté grace aux bons offices du Frère Guide de la Grande Jamahiriya Libyenne, le Colonel Khadafi.

Le président ATT, qui n’a pas manqué de lui rendre un hommage appuyé, a remercié également le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, qui a pris une part décisive dans les précédentes libérations d’otages. Ceux-ci, à croire le président de la République, «ne sont pas venus à Bamako en même temps que lui parce qu’ils résident et travaillent à Gao et à Kidal où ils ont rejoint leurs familles qui attendaient ce moment depuis six long mois».

La libération des 22 derniers otages annoncée par la Présidence de la République dans un communiqué daté du 8 mars, est devenue une réalité. En effet, le président de la République Amadou Toumani Touré s’est rendu, hier lundi 10 mars dans la matinée, à Gao pour accueillir les otages militaires détenus, jusque-là, par la bande à Bahanga, Fagaga et autres.

Ces 22 otages sont arrivés à Gao en deux groupages. Le premier, formé de sept soldats, est venu du côté de Kidal. Ce sont les notabilités de cette localité qui ont obtenu la libération de ce groupe. C’est pourquoi, elles ont tenu à les ramener elles-mêmes dans la cité des Askias. Le second groupage, au nombre de 15, est venu de la Libye.

C’est un avion de la Grande Jamahiriya Libyenne qui a ramené les otages militaires à l’aéroport de Gao où ils ont été remis au Chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré. En présence de la hiérarchie militaire et des familles des intéressés. «C’était une grande fête. J’ai vu des femmes danser le «maribayassa» pour la libération de leurs maris. C’est le lieu pour moi de remercier la Fondation Kadhafi dirigée par son fils Saïd El Islam. Je profite de la même occasion pour manifester ma reconnaissance à l’endroit des notables de la région de Kidal. Et bien sûr des autorités algériennes, notamment de mon frère Abdel Aziz Boutéflika pour leur engagement auprès de notre pays. En effet, c’est grâce à l’Algérie que les premières libérations sont intervenues en décembre 2007. Le peuple malien a également joué un grand rôle à travers la patience, la persévérance et l’acceptation de l’option du dialogue que nous avons préférée à celle de la guerre».

Ces mots sont du Chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, de retour à Gao où il est allé accueillir les 22 derniers otages. Depuis l’aéroport international de Bamako, il a déclaré «que les otages ne sont pas venus avec moi à Bamako parce qu’ils travaillent à Gao et à Kidal. Ils sont restés auprès de leur famille qui ont souffert durant six longs mois».

A la question de savoir combien l’Etat malien a déboursé pour obtenir la libération de tous les otages, ATT a été, on ne peut plus clair : «Nous n’avons rien payé. L’Etat malien n’a déboursé aucun franc. Je suis vraiment gêné par cette question. On a réussi la libération des hommes qui ont enduré beaucoup d’épreuves et on vient me demander combien on a payé. Non. J’ai d’autres préoccupations pour mettre les sous notamment l’école, la cherté de la vie et l’insécurité routière».

En outre, le Chef de l’Etat a soutenu que les otages se portent mieux et n’ont subi aucun sévisse. Cependant, il a donné des instructions pour les confier à des médecins militaires. Rappelons que les 36 otages ont été enlevés les 26 et 27 août 2007 respectivement à Tejeret et à Tinzawaten. Depuis cette date, le président a promis leur libération sain et sauf. Ce n’est qu’en décembre dernier que le processus de libération a commencé avec un premier groupe de 10 suivi d’un autre de 4 otages. Aujourd’hui, les 22 derniers ont recouvré leur liberté. C’est dire que tout est bien qui fini bien.

Chahana Takiou

11 Mars 2008.