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Tous les jours, on fait des bénédictions qu’on fait dans les mosquées. Tous les vendredis les Maliens se bousculent dans les mosquées. Chaque jour, il y a de plus en plus de femmes portant le châle et le chapelet. Mais tous les jours que Dieu fait, le pays conforte sa marche vers son chaos.

Quelqu’un peut-il me dire enfin comment on peut accumuler autant d’invocations et se porter tous les jours un peu plus mal ? Au Nord, la seule bonne nouvelle c’est que Nabil le salafiste qui aimait le lait des chamelles de Kidal ne sera plus là pour rendre des sentences. Mort dans un accident comme c’est toujours le cas dans ces espaces dunaires où on ne trouve jamais de témoins oculaires pour dire qu’en lieu et place de huit tonneaux, c’est une balle qui a été logée dans la nuque du défunt. Sinon, la série noire continue.

A Gao, le Mujao collectionne les mains. Bellah, Touaregs, Peuls, Arabes, contribuent au petit musée d’une vraie Cedeao de la boucherie s’il est vrai que l’expédition punitive est composée de Nigériens, Nigérians, Sénégalais et autres.

Au moment où la Mauritanie, exaspérée crie au meurtre contre ses ressortissants refroidis par nos soldats qui les auraient pris pour de dangereux salafistes. Et pendant que les versions se contredisent et que les gens se bluetoothent les images des défunts qui ne ressemblent pas à des victimes canardées dans une voiture. Etaient-ce de dangereux barbus ? Ou de paisibles pratiquants ? L’enquête nous le dira. Cela fera quand même beaucoup d’enquêtes dont on attend les résultats.

En attendant, sans vouloir me mêler des affaires du Mali qui est devenu la propriété privée de quelques privilégiés armés de kalach, peut-on me dire pourquoi Oumou Sangaré, Salif Keita, Toumani Diabaté, Balla Tounkara et autres Omar Konta travaillent pour le Mali et que nous on travaille contre le travail ? Quelqu’un peut-il me dire pourquoi toutes ces bénédictions deviennent autant de malédictions contre nous ?

Adam Thiam

Le Républicain du 11 Septembre 2012