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Un remaniement c’est ceux-là : les partants, les entrants, les rentrants, les « attendeurs » . Ce dernier mot n’existe pas encore. Mais, comme dibiterie, essenceries et autres tropicalismes, il faut le proposer à l’académie française. Que signifierait-il alors ?

La meute des cadres qui ont grouillé, des mois durant à la porte du grand-frère et qui repartent encore une fois de plus avec leur CV passablement jauni par la transpiration de cette saison qui n’est pas de grand froid. Autre particularité de ce groupe : il reviendra à la charge et dans pas longtemps, car ce n’est pas ça le gouvernement que le pays mérite.

Le pays n’attend qu’eux et le grand-frère le sait. Sur les entrants, pas grand-chose à dire. Sauf que côté CV, c’est très impressionnant. Tout y est, y compris les séminaires fréquentés. Il y a aussi la pose immortalisée par l’ORTM. Epaule cassée, regard haut, fond de teint un peu forcé, veste ou boubou de troisième fraîcheur mais ça, ce sera bientôt du passé puisque tous les couturiers de la ville s’en chargeront bientôt.


Les rentrants ?

On ne les montre pas à la télé et c’est normal, mais leur téléphone n’arrête pas de sonner, tout le monde est là pour les re-congratuler. Ce qui n’est pas généralement le cas des partants. Eux, les gens respectent leur douleur et ne les appellent pas.

Ce n’est même plus très sûr qu’on réponde à leur appel. On les reconnaît à un signe : à l’heure précise où quelqu’un les appelle pour dire que le président et le même « avaient » apprécié leur collaboration, ce sont les seuls que vous pouvez voir, en train de faire marche arrière sur le pont Fahd. Où s’en vont-ils si vite à l’heure des étoiles tombées ?

Probablement, ils repartent tuer le charlatan qui leur a soutiré le prix des cinq taureaux rouges, vingt-huit coqs roux pour « museler » le grand-frère qui n’aurait eu d’autre possibilité que de les garder dans l’équipe. Je ne m’en mêlerai pas. Le pire pourtant pour ces ex dignitaires, c’est de devoir passer quelques jours avec leurs compatriotes très dépendants de cette drogue gratuite et nationale : la chute des autres.

Adam Thiam

14 Avril 2009