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C’est l’histoire d’un jeune homme qui dégageait tous les signes extérieurs du courage. Lisant chaque article sur le Nord et réagissait à chacun d’eux. Toujours en colère contre le compromis. Parlez seulement de négociation, et il vous traitera immédiatement de vendu, d’apatride, d’inconscient et vous noie sous un flot de violence verbale. Pour lui, rien à faire, l’armée doit aller casser la gueule à ces rebelles. Et si Att l’écoutait, Mohamed Ag Nagim, Iyad Ag Ali et consorts seront pris comme des poulets et pendus par les pieds.

En direct sur TM2. Le dernier message électronique du gars c’était sur une dépêche contre laquelle il s’insurgeait et demandait à l’intrépide légion des internautes de rappliquer sur Bamako juste le temps de prendre une kalach pour foncer sur Menaka et Diré. Bien sûr, le rendez vous a été pris virtuellement. Manque de pot pour notre meneur Facebook, il devait être à Bamako pour raison de famille. Il est venu mardi dernier. Et puis jeudi il s’est trouvé au centre ville, au rond point de Gabriel Touré, entre des manifestants et les grenades de la police anti-émeute.

Voici l’échange téléphonique qu’il a eu immédiatement avec sa mère : « maman, je suis mort, les rebelles sont arrivés à Bamako, prenez une pelle et un pic pour creuser ma tombe, tu ne m’entendras plus aaaaaaaaaaaahhhh ». « Mon fils, He Alla Boureman que se passe t-il ? ». « Ca va maman, je pensais que c’était un tir de Brdm mais c’est juste un pneu de sotrama qui vient d’éclater. Ouh la, ça reprend maman, on nous tire dessus, trouve-moi vite aux urgences. Je suis foutu, il faut arrêter cette guerre ». Il avait pu joindre tant bien que mal se plaignant de blessures mortelles qui n’existaient nulle part sur son corps. Le lendemain, pendant que sa mère critiquait RFI qui disait que des soldats maliens étaient réfugiés au Niger, il éclata : « si l’armée ne peut pas se battre, qu’elle dégage, je prendrai sa place ».

Adam Thiam

07 Février 2012