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En 2002, nous avions dit dans les colonnes de ce même journal que peut-être la politique d’avoir un seul ministère pour s’occuper de tous les secteurs du développement rural avait quelque chose de rationnel mais qu’à l’œuvre elle avait fait deux blessés graves : l’élevage et la pêche.

Depuis, le général à la retraite (tiens, il était quand même en tenue de combat hier au Nord comme du reste son prédécesseur à la fête de l’indépendance à Kidal, vous vous souvenez ?) et capitaine du bateau Mali a tranché : il existe un ministère en charge des questions spécifiques de l’élevage et de la pêche.

Et j’ai l’œil sur ces deux secteurs pour deux raisons. Je suis (et ma conjointe aussi) du Nord du 14è parallèle, la fameuse zone classée à risque par le système national d’alerte précoce.

Donc mon grenier à moi, petit citadin qui vit grâce au marché, (merci, Modibo Sidibé des menaces proférées contre les exportations de riz qui est quand même subventionné cette année même si concrètement j’aimerais savoir ce qui est prévu contre), mon grenier, disais-je, se ressent beaucoup du comportement du bétail à Mopti ou Nioro, et très souvent c’est les deux ensemble.

La deuxième raison, c’est que les secteurs de l’élevage et de la pêche jusque dans les années 1970 produisaient purement et simplement 33% de nos recettes d’exportation, avant d’entrer dans une récession qui a pu produire un miracle dont on se serait passé volontiers : faire de la Région de Mopti la région la plus pauvre du pays, en tout cas selon l’ODHD. Donc de l’atelier de validation de la stratégie nationale d’élevage et de pêche aux dernières décisions du Ministère concerné, je surveille rigoureusement tout.

C’est pourquoi je ne peux m’empêcher, et la mort dans l’âme car je suis plus bon dans la critique que dans la décoration, de me réjouir de l’orientation imprimée au secteur de l’élevage, du moins.

Le Mali sera divisé en une trentaine de bassins laitiers dont la performance commande qu’en amont une véritable stratégie de relance de l’élevage. Vivement les retombées des justes mesures que vous avez prises, Mme la ministre.

Ainsi le Mali évitera t-il un jour de faire comme au Kenya, où avec la crise de pâturage dû à la réduction du foncier pastoral, les vaches Massai n’eurent d’autre choix, en 2006, que d’organiser des expéditions punitives contre tous les espaces verts de Nairobi. Pas une tulipe n’y avait survécu et pendant une semaine la circulation était réglée par de grands bœufs cornus. Mais je me mêle déjà des affaires intérieures d’un autre pays. Et je n’en ai pas le droit.


Adam Thiam

16 Décembre 2008