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Bon, les choses sont plus claires depuis la sortie de haute portée communicationnelle de deux personnalités clés. L’une, c’est le Colonel Siaka Sangaré crédité par le Parena d’avoir soumis aux autorités un rapport confidentiel sur le manque de crédibilité du fichier électoral.

L’autre, c’est Oumou Touré de la Cafo, non pas sur le projet de code de la famille qu’on n’arrive as à voter depuis une dizaine d’années, mais toujours sur les élections. Et pour cause : elle est une des têtes d’affiche de la Ceni (au fait, pourquoi ce n’est pas le président de cette institution qui a parlé ?) et donc partie prenante à l’organisation des communales annoncées pour avril. De deux choses l’une : ou le rapport prêté à Siaka Sangaré est un faux, et ce serait bon de le dire et de le faire savoir.

Ou alors, il est vrai, auquel cas, il relèverait du miracle que la faiblesse dénoncée – un euphémisme -, puisse être corrigé entre le moment où le rapport a été émis et le décret pris pour convoquer le collège électoral. Car que prête t-on au rapport confidentiel en question ? D’avoir demandé le report des communales, parce qu’il ne saurait y avoir, comme l’indique le fichier électoral 2007, plus de 7 millions d’électeurs. Au plan strict de l’arithmétique, c’est plus que plausible, et puis tout le monde a été soit victime soit bénéficiaires de doublons sur le fameux fichier.

Donc, la recommandation du patron de la Direction Générale des Elections, n’est pas farfelue, s’il l’a faite. Mais bon, il y a juste deux petits problèmes à le faire maintenant. Le premier : pourquoi recommande t-il cela juste maintenant, alors que le fichier à servi pour la présidentielle et les législatives de 2007 ? Et le second qui découle naturellement du premier : quelle aurait été la légitimité de ceux élus sur ce fichier si le pouvoir avait accédé à la demande de la DGE ? Si demande, il y a eu, bien entendu.

Le troisième hic, si l’on peut se permettre, c’est quand même le mastodonte Adema et son ambitieux benjamin, l’URD, ne sont pas pour le report. Donc, à vos marques et en avant toutes, partis politiques. Surtout après les enveloppes reçues de l’argent du contribuable. Ceux qui ne partent pas rendent le fric et puis pour le Colonel Sangaré, on verra bien après. Car, on a bien l’impression que pour une fois, il s’est mêlé, ou on l’a mêlé, de choses qui, apparemment, ne le regardent pas. Notamment la qualité de l’élection.

Adam Thiam

18 Février 2009