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C’est plausible: le Mali est sur la voie de Haïti. A mille lieues des terres de Soundiata Kéïta, dans les Caraïbes, François Duvalier dit « Papa Doc », après des années d’exercice du pouvoir, passe le flambeau à son fils, Jean-Claude alias « Baby Doc» ou « Bébé Doc » pour une dynastie cumulée d’environ trente ans (1957-1986).

Plus près de nous, de scénarii identiques se sont produits au Togo avec la famille Eyadema, et au Gabon avec les Bongo. Après une éternité au pouvoir, les pères ont d’autant plus minutieusement préparé leur succession familiale que les fils n’ont eu aucune peine à hériter du trône après leur mort naturelle.

Par contre, au Sénégal, la « succession-héritage » a lamentablement échoué, le forcing d’Abdoulaye Wade ayant été confronté à l’hostilité des Sénégalais qui ont empêché «l’héritier naturel», Karim, d’accéder au pouvoir.

Depuis quelque temps, au Mali, toutes les malices sont mises en œuvre pour qu’un jour, le scénario haïtien se reproduise. Dans cette stratégie minutieusement élaborée et savamment exécutée, le fiston est régulièrement mis en scène à l’intérieur et à extérieur. Il est envoyé au contact de ceux-là qui, estime-t-on, pourraient lui permettre d’atteindre des objectifs qui relèvent aujourd’hui de secrets de polichinelle.

La dernière mise en scène a eu lieu, la semaine dernière, avec l’arrivée à Bamako d’une délégation algérienne qui avait dans ses bagages des responsables de la rébellion de Kidal. A l’accueil et durant tout le séjour de cette délégation, on a pu remarquer la présence d’un certain Karim Keïta. Celui-ci était au four et au moulin. Pourquoi ? Et à quel titre ? Allez y savoir. Nul n’est dupe… Les Maliens observent.

CH Sylla
L’Aube du 24 Juin 2016