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Au Darfour ravagé par la guerre et la pauvreté, les marchands de Nyala faisaient figurent de privilégiés mais aujourd’hui ils sont eux aussi dans le dénuement le plus total, après une semaine de violences déclenchées par des rivalités entre forces de sécurité. Selon des responsables, des « différends » entre membres de forces de sécurité ont été à l’origine des heurts qui ont fait au moins huit morts, dont deux travailleurs humanitaires entre le 3 et le 7 juillet à Nyala. Ces violences, déclenchées par la mort d’un membre de la « Réserve centrale », une unité de police paramilitaire du Darfour-Ouest, ont aussi fait plus de vingt blessés, dont un Soudanais recherché par la CPI pour crimes contre l’humanité au Darfour, Ali Kosheib, ont rapporté les médias officiels.(…) « Je ne sais pas pourquoi ils ont fait ça, nous ne faisons pas partie de leur conflit », explique un autre marchand dont l’enseigne, comme une vingtaine de boutiques du marché al-Malja, a été détruite. « Les policiers protégeaient le marché, mais quand les combats sont devenus intenses, ils se sont retirés », se souvient-il. En dehors du marché, des habitants de Nyala ont témoigné de leur difficultés. L’électricité est coupée depuis des jours,le prix du carburant est quatre fois plus élevé que dans la capitale Khartoum et, selon le PAM, quelque 400.000 personnes sont concernées par une perturbation de la distribution de l’aide alimentaire. Les rebelles du Darfour combattent le gouvernement depuis dix ans dans un contexte d’instabilité accrue par les conflits tribaux, les enlèvements, vols de voitures et autres crimes dont beaucoup sont attribués à des milices liées au gouvernement et à des groupes paramilitaires. AFP.