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« C’est moi le père de l’enfant », reconnaît le vieux de 70 ans

De nos jours, l’âge avancé n’assagit guère certaines personnes ; Cela est généralement fréquent chez les hommes. Et pour cause, un vieil septuagénaire a reconnu avoir engrossé une aide familiale de 17 ans de sa belle fille. « Quand l’âge avance, le diable s’éloigne », dit-on le plus souvent. Cet adage n’est plus une vérité incontestée de nos jours à cause des comportements indignes de certaines vieilles personnes dont S D qui vient de coller la honte à toute sa famille.

Agée de 17 ans seulement, Mamou assure les tâches domestiques de la famille D. Comme les bonnes à tout faire des bamakoises, Mamou s’occupe des travaux de sa patronne et les petites commissions des beaux parents de cette dernière. C’est ainsi, qu’elle se familiarise avec le vieux S qui prétend la considérer comme sa petite fille. Ainsi, Mamou se fait appeler « Bah ka kôgnô mousso », la nouvelle mariée du grand-père. C’est Mamou qui s’occupe des linges sales du vieux couple, de leur petit plat, de leur eau de bain et tout autre. Ainsi, la patronne, sur demande de son mari a voulu chercher une autre bonne en laissant Mamou s’occuper de ses parents. Aussitôt dit, aussitôt fait. Tout allait bien entre la bonne à tout faire et la famille D jusqu’au jour où la petite Mamou commença à se sentir hors de son « assiette ».

Elle était de temps en temps malade : tantôt des vomissements, tantôt des migraines. Sa patronne l’envoya au centre de santé de son quartier. Contre toute attente, on lui annonce que sa bonne est enceinte de deux mois. Indignée par cette nouvelle, la patronne lui ordonna de débarrasser le plancher avec cette grossesse. Mais, le vieux s’y oppose : « Vous ne pouvez pas faire cela. C’est l’enfant d’autrui. Craignez Dieu et sachez que Dieu sanctionne automatiquement celui qui maltraite les enfants d’autrui. Mamou est comme un membre de cette famille. Après tous ces services rendus à la famille, nous n’allons pas tout de même la jeter dans la rue », conseille-t-il. Emue par ces prêches, la patronne se ressaisit et demande à la bonne de travailler si elle peut le faire.

Car la grossesse est un moment très difficile de la vie quotidienne de la femme : « Elle le peut le faire ! Crie le vieux !s D’ailleurs Mamou j’ai envie de la sauce d’arachide aujourd’hui. File donc au marché. Je veux que ça soit prêt avant 13 heures », demande le vieux. Etonnés par les réactions du vieux, personne n’ose poser de question. Le hic est qu’à chaque fois qu’on lui demande le père de l’enfant, Mamou ne dit rein. Le jour de l’accouchement, le Vieux a passé la nuit à égrener le chapelet pour que tout se passe bien, selon sa femme. Après l’accouchement, la patronne de Mamou la conseille de rentrer au village car, elle ne pourra plus être disponible comme avant. Une fois encore, le vieux intervient : « Non, elle peut bien travailler avec le gosse. Moi-même, je me chargerai de garder le bébé s’il le faut ».

C’est après cette déclaration que sa femme lui demande pourquoi il a assez d’intérêts à s’occuper de la bonne: « Parce que tout simplement c’est un enfant d’autrui. Je le fais à cause de nos enfants qui sont en Espagne, en France et surtout pour celles qui sont mariées dans d’autres familles ».

Frappée par ces paroles de sage, la vieille se propose d’être la nounou du nouveau-né pour que sa mère puisse faire son travail. Tout a marché comme sur des roulettes, jusqu’au jour où Mamou décide de rentrer au village. Car, cela fait un moment que les « cigognes ont fait signe », comme on le dit pour signaler la saison des pluies. Mais la bonne dit qu’elle ne peut pas y retourner avec le bébé.

Cette proposition fut rejetée par tous sauf le vieux S. C’est ainsi que la vieille insiste de connaître le père de l’enfant pour qu’il assume ses responsabilités. Après une séance d’interrogatoire stricte, Mamou avoue enfin la vérité : « C’est …Bah !» , dit-elle d’une voix basse.
Tenaillée par ce qu’elle vient d’entendre, le vieille s’évanouie sur le coup.

Indignée par l’acte du vieux peu orthodoxe, la patronne ordonne la petite de dire la vérité au lieu d’accuser les honnêtes gens. C’est alors que SD se déclare. Si c’est pour connaître le père de l’enfant, c’est moi. Toute honte bue, il décide de marier Mamou si elle le veut bien.

Quant à sa vieille bergère, elle a décidé de quitter le foyer conjugal après 38 ans de mariage.

Christelle

L’Annonceur du 09 Juillet 2009.