Partager

Contigus à des lycées, les bars avec chambres de passe « La Paix » (Daoudabougou) et le « Miel » (Baco-Djicoroni) viennent d’être fermés par la Brigade des mœurs et de l’enfance. Cette mesure vise à assainir le cadre de vie et protéger les populations.

La Brigade des mœurs et de la protection de l’enfance vient de réussir un coup avec la fermeture de deux sites de débauches, l’un à Daoudabougou et l’autre à Baco-Djicoroni.

La Brigade, que dirige la commissaire divisionnaire Mme Sacko Ami Kane, a pris son courage à deux mains en nettoyant des écuries d’Augias qui jouxtent le lycée « Platon ». Du haut de l’étage de cet établissement, il n’était pas rare de voir des élèves regarder les clients qui se bousculaient en pleine journée dans la cour du bar « La Paix ».

L’espace appartenant à des Chinois a été autorisé par l’Office malien du tourisme et de l’hôtellerie (Omatho) en 2007, alors que le lycée était déjà implanté. La décision de la Brigade des mœurs fait suite au décret 340 du 10 août 2006 portant réglementation de l’agrément et de l’exploitation des établissements de tourisme qui, dans son article 3, stipule : « Aucun établissement de tourisme ne peut être établi à proximité des édifices ci-après : Les lieux de cultes, les cimetières, les établissements scolaires, les établissements hospitaliers et centres de santé et les casernes ».


Ce même article poursuit :
« Un établissement de tourisme ne peut être établi entre deux maisons d’habitation ou à proximité de maisons d’habitation s’il est de nature à créer des nuisances de voisinage ».


Pour et contre

Le second établissement avec chambres de passe, tenu aussi par une Chinoise « Le Miel » a été fermé lundi dernier et son gérant interpellé. « Le Miel » était réputé être un lieu qui acceptait des adolescentes dans ses chambres de passe. Le lundi, de source bien informée, une écolière de 14 ans y a été vue en compagnie d’un homme. Il s’est avéré que la résidence de la fillette est à proximité de l’espace de joie.

Ces deux espaces ne sont que la partie visible de l’iceberg. Des groupements de jeunes, chefs de familles ne cessent d’adresser des pétitions à qui de droit pour dénoncer l’existence des nombreux bars à proximité de leurs décisions.

Apparemment, l’Omatho, chargé de veiller à la bonne application des textes ne se soucie guère du contenu du décret qui restreint la création des bars. Il délivre à la pelle des agréments pourvu que le demandeur y mette le prix.

L’exemple type de ce laisser-aller est la transformation en bar du centre de formation pour jeunes de Baco-Djicoroni, financé par une personne de bonne volonté. Malgré les protestations des jeunes du quartier, ni la mairie, ni l’Omatho encore moins le département de l’emploi n’a daigné levé le petit doigt.

Mais la commissaire divisionnaire, Mme Sacko Ami Kane est déterminée : chaque fois que les textes sont violés, elle se fait le devoir de rétablir l’ordre.

Des trafiquants d’enfants aussi

Des Nigérians viennent d’être interpellés à Bougouni (région de Sikasso) par la Brigade des mœurs et de la protection de l’enfance pour trafics d’enfants et proxénétisme. Des investigations sont en cours pour démanteler tout le réseau.

Amadou Sidibé

26 Novembre 2008