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Sourire aux lèvres, Abel Kotton discute et regarde le temps passer, sur le pas de la porte du musée national centrafricain à Bangui. Tailleur complet bleu-roi impeccable, il dirige un musée fermé depuis 2013 qu’il tente de remettre d’aplomb, mais sans grand succès jusqu’à présent. Devant la bâtisse en centre-ville – l’ancienne maison d’un des pères fondateurs de la Centrafrique, Barthélémy Boganda, M. Kotton et le conservateur du musée attendent. Quoi donc? Nul ne le sait, car le musée ne doit pas rouvrir avant plusieurs années tant les travaux à faire sont importants. « On arrive le matin, on repart le soir. On surveille qu’on ne vole pas les pièces du musée », explique le conservateur, Thomas Ouamgomda. Il regarde sa montre calmement et lève les yeux – encore deux heures à palabrer -, imaginant un jour meilleur et des fonds pour rénover ce lieu d’histoire. Et pourtant, malgré son manque d’activité criant, Abel Kotton est fier d’être le fer de lance de cette remise à neuf. « J’ai espoir, je sais que c’est possible (de le remettre en état). Il faut juste s’organiser, c’est ce qu’on fait avec le projet de réhabilitation ». Il a lancé la réfection de la peinture, toute fraîche et qui embaume le lieu d’une odeur particulière. « Ce n’est que le début. Il y a beaucoup à faire et on va le faire! En plus, il y a la volonté politique, le gouvernement veut que le musée rouvre », assure-t-il.Abel Kotton fait fi de ces critiques. S’il est conscient que « le problème, c’est les moyens », le maître des lieux reste persuadé du bien-fondé de sa tâche: « Il nous faut un musée moderne! ».AFP