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Université de… » Devant le campus de Manzini, les neuf lettres de Swaziland ont été effacées il y a un mois mais celles du nouveau nom que le dernier monarque absolu d’Afrique a choisi de donner à son royaume ne les ont toujours pas remplacées. « Nous attendons toujours » un nouveau panneau, grommelle un agent de sécurité en faction à l’entrée principale. Il faut dire que le capricieux Mswati III a surpris son monde lorsqu’en avril, il a profité du cinquantième anniversaire de l’indépendance de son pays pour annoncer, à la surprise générale, qu’il l’avait rebaptisé en eSwatini. Le « pays des Swazis » dans la langue des colons britanniques est resté le « pays des Swazis » mais cette fois dans l’idiome local. Et pour Sa Majesté, ça change tout. « Le Swaziland est le seul pays à avoir conservé son nom de l’époque coloniale », a-t-il justifié, « à partir de maintenant, le pays s’appellera officiellement le royaume d’eSwatini ». Pris au dépourvu par l’initiative royale, les 1,3 million de sujets de Mswati III ont mis du temps à s’en accommoder. « J’aime bien, ça fait plus africain », estime aujourd’hui Banele Syabonga, le client d’un salon de coiffure de la deuxième ville du pays, Manzini. « Swaziland était le nom donné par les Anglais, maintenant nous avons notre propre nom ». Sitôt la décision royale annoncée, la logistique a suivi plutôt rapidement. Six semaines après son discours, son ambassadeur en informait le quartier général de l’ONU à New York, qui s’est empressé d’adopter la nouvelle appellation. L’Union africaine (UA) et la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) ont fait de même. Dans le pays, les institutions ont été plus lentes à appliquer l’édit royal. Le fronton de certains commissariats de police y reste encore aujourd’hui barré du nom Swaziland, de même que les billets de banque.AFP