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« Tu veux jouer avec nous? »: faute de professeur, Moussa, gamin de Birao, dans le nord de la Centrafrique, passe ses journées sur le terrain de football, au lieu d’aller à l’école. Ses parents l’ont déposé ce matin avant d’aller aux champs à son école de Garba, l’une des trois primaires de la capitale de la région de la Vakaga, qui compte 422 élèves inscrits. Mais aucun personnel qualifié pour leur apprendre à lire ou compter. Trois colonnes se forment pourtant bientôt devant le bâtiment et les deux tiers des élèves s’apprêtent à entrer en classe. Moussa reste à jouer au football. « C’est moi qui fais les cours », explique Adam Deko, 43 ans, professeur de fortune d’une région sans éducation. Il n’a aucun diplôme, et a arrêté l’école en classe de 3e. Dans la Vakaga, région oubliée de la Centrafrique, au carrefour des frontières tchadienne et soudanaise, il y a moins de cinq professeurs contractuels pour 52 écoles et près de 38.000 jeunes entre 7 et 18 ans, « scolarisables ». Alors, pour combler le vide, une ONG française forme des « maîtres-parents » aux rudiments de l’éducation ‘On supporte’, « On réhabilite des écoles, sensibilise les communautés sur l’importance de l’éducation, on remet des kits scolaires… ». Alnour Sallet, directeur pour la Vakaga de l’ONG Triangle, énumère la longue liste de leurs actions pour l’éducation dans la région. De l’avis de beaucoup à Birao, Triangle est devenu indispensable.AFP