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Accusés d’avoir trop rapidement donné leur bénédiction à une présidentielle entachée d’irrégularités, les observateurs électoraux internationaux déployés au Kenya sont vilipendés de toutes parts depuis l’invalidation en justice de la réélection du président Uhuru Kenyatta. Les intéressés se défendent toutefois d’avoir avalisé l’ensemble du processus électoral et tentent, appuyés par certains analystes, de décrypter cette controverse, admettant une communication ambiguë tout en regrettant une simplification de leur message par les médias, par un public kényan très polarisé et par une opposition combative. La polémique débute le 10 août, deux jours après la présidentielle. Les chefs des missions d’observation se succèdent en direct sur les télévisions kényanes pour présenter leurs rapports préliminaires, avec en têtes d’affiche l’ancien secrétaire d’État américain John Kerry, représentant la fondation Carter, et l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki, pour l’Union africaine. S’appuyant sur le déploiement de centaines d’observateurs, ils saluent la bonne tenue des opérations de vote, louent le travail de la Commission électorale (IEBC), mais rappellent aussi que les opérations de transmission des résultats – plus tard critiquées par la Cour suprême -, et de comptage des voix, sont toujours en cours. Certains relèvent quelques irrégularités, d’autres s’inquiètent du manque de transparence du système électronique ou condamnent l’usage de fonds publics pendant la campagne. « Peu de ces déclarations peuvent être lues comme des approbations retentissantes des élections », observe le centre d’analyse International Crisis Group. Mais au final, « l’impression créée (…) était que les résultats étaient exacts, et qu’il était temps de passer à autre chose ».- Perception – Pour expliquer cette perception, les analystes notent d’abord le ton trop « approbateur » des observateurs, qui de leur propre aveu voulaient surtout « encourager ».AFP