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La décision de nomination de Bakary Traoré comme Directeur administratif et financier (Daf) par le Premier Ministre, Cheick Modibo Diarra, suscite des interrogations. Cela, pour qui connaît le passé de l’homme qui a servi à la même structure plus de 10 ans comme Daf adjoint, mais n’a jamais bénéficié de la caution de plus hautes autorités à cause de son comportement peu orthodoxe.

Contre toute attente, le Premier Ministre nomme, en catimini, à travers le décret N°2012-484 /P-RM du 23 août 2012, Bakary Traoré en tant que Directeur administratif et financier. Mais, le hic est que son décret de nomination n’a même pas été publié dans le journal officiel. Histoire d’éviter des soupçons. Plus grave, on n’a même pas daigné notifier à la bonne dame qui dirigeait jusque là, la DAF de la Primature, la décision de son remplacement.

Pire, c’est le nouveau qui lui intime l’ordre de venir faire la passation de service. Selon nos sources, le promu fait depuis un moment le jeu du patron de la Primature. Car, il continue à remuer ciel et terre pour satisfaire les caprices de Cheick Modibo Diarra, ce que sa patronne refuse et tient mordicus à respecter les règles en la matière. Cela est confirmé par nombre d’observateurs qui estiment que si elle a servi avec rigueur à l’Institut du Sahel, au CILS et à la Primature, elle n’a pas dérogé à cette règle. D’où, la décision de la mettre à l’écart afin de gérer anarchiquement les maigres ressources du service.

A titre d’exemple, l’ancienne DAF tenait à ce que le ticket de carburant par semaine de la Primature reste à 3 millions, mais Cheick Modibo Diarra, lui, utilise 11 millions par semaine. Pour la mettre hors jeu, il n’a trouvé mieux que de la remplacer par un adjoint dont le nom revient constamment dans les enquêtes de police. Car, il traîne la réputation d’un homme à scandale qui, il y a 3 mois, a accidenté un enfant sous l’effet de l’alcool. Sans oublier qu’il est trempé dans différentes affaires concernant des reformes de véhicule à la Primature.

Que dire aussi de ses connexions avec un monde véreux et mafieux d’opérateurs économiques. En clair, nos sources sont formelles : le nommé Bakary, inspecteur de finance de son état, ne recule jamais devant l’argent. Il n’hésite pas à vendre son âme pour ce faire. Le choix de Cheick Modibo Diarra de le propulser à la tête de la stratégique Direction administrative et financière inquiète de la Primature à plus d’un titre, en cette période où les ressources du pays sont limitées. Et dire qu’on parle d’enquête de moralité ? C’est là où le bât blesse.

Soufi MAHAMANE

Le Katois du 5 Septembre 2012