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Nommé, il y a 7 mois, pour réfléchir sur la consolidation de la démocratie au Mali, l’ancien ministre, Daba Diawara, à la tête d’un Comité d’experts, a remis, hier lundi 13 octobre, son rapport final au président de la République, Amadou Toumani Touré. C’était dans la salle de banquet du palais de Koulouba, en présence d’un beau monde constitué du Premier ministre Modibo Sidibé, des membres de son gouvernement, du président de l’Assemblée nationale, des anciens Premiers ministres, des anciens présidents de l’Assemblée nationale, des diplomates accrédités au Mali, des barons de l’US-RDA dont Gabou Diawara, Seydou Badian Kouyaté, Baba Akhib Haïdara, Amadou Traoré.

Cette cérémonie très sobre s’est déroulée en deux temps : le discours de Daba Diawara, suivi de la remise de son rapport et l’adresse du chef de l’Etat. «Lorsque, le 28 février 2008, vous m’avez fait l’insigne honneur de me charger de conduire cette réflexion, j’ai pris la juste mesure de la confiance qui m’était ainsi témoignée. J’ai ressenti aussi, j’ose le dire, une immense fierté d’avoir été choisi parmi les nombreuses compétences qui pouvaient légitimement se considérer comme de meilleurs choix…Il n’était pas évident de constituer une équipe d’experts décidés à réussir la mission, de trouver une méthode de travail et de disposer des autres moyens et commodités indispensables à la réussite d’une telle entreprise» a déclaré Daba Diawara.

Aujourd’hui, le rapport achevé, ce dernier rend grâce à Dieu pour l’avoir orienté vers les femmes et hommes qui ont constitué son groupe d’experts et qui lui ont apporté un concours précieux.

Venus d’horizons divers, avec des parcours politiques et professionnels différents qui se sont souvent entrecroisés sinon opposés, Daba Diawara et ses collaborateurs furent «unis et guidés dans ce travail par le simple amour de la patrie que nous avons en partage. Qu’ils trouvent ici l’expression de ma profonde gratitude».

Le rapport que Daba Diawara a remis à ATT est le fruit de 7 mois de réflexion. Il contient, à en croire le président du Comité des experts, 233 propositions dont nombre renvoient à une révision de la Constitution du 25 février 1992.

Les autres, selon ses déclarations, doivent conduire à la modification ou à l’élaboration des textes fixant l’organisation et les modalités de fonctionnement de certaines des institutions de la République ou le cadre juridique de l’exercice des activités concourant à la consolidation de la démocratie, notamment les élections, l’exercice de la liberté de la presse et l’accès aux médias d’Etat.


«Ces propositions sont fondées sur la forte conviction qui doivent être mises en phase et en synergie, les forces politiques, les forces sociales, les institutions et la culture politique, le pays officiel et le pays réel, la démocratie et la citoyenneté, la classe politique et la société civile, les institutions modernes et les autorités traditionnelles légitimes, car tout processus démocratique est dynamique et global
», a soutenu l’orateur. Avant de rappeler l’histoire du Mali depuis les empires médiévaux du Soudan occidental jusqu’à nos jours.

C’est donc fort des leçons tirées de ce riche passé, que le Comité a acquis, selon son président, «la conviction que pour consolider, aujourd’hui, la démocratie au Mali, il faut des institutions adaptées qui fonctionnent harmonieusement et ne constituent pas un trop lourd fardeau pour le contribuable malien, des partis politiques aux capacités renforcées demeurant les principaux acteurs de la vie politique et ayant des raisons objectives de se regrouper, des élections mieux organisées, plus transparentes, moins chères, l’amélioration de la qualité de la presse écrite et le respect du pluralisme politique au niveau de l’audiovisuel…».

Dans son intervention, le chef de l’Etat a déclaré qu’en portant son choix sur Daba Diawara il avait rappelé ses éminentes qualités, sa compétence avérée en matière institutionnelle, son sérieux au travail, son intégrité morale et surtout son engagement constant pour l’avènement et la promotion de la démocratie au Mali.

«Ceci vous a amené à vous assurer les services de femmes et d’hommes à la fois compétents, discrets et engagés. Aussi, je me réjouis aujourd’hui de recevoir les conclusions auxquelles vous êtes parvenus…J’ai compris que vous avez lu et voyagé par nécessité, écouté et consulté par conviction. J’ai apprécié votre méthodologie, persuadé parce que sans consultation et sans écoute, il n’ y a pas de démocratie», a souligné ATT.

Enfin, il a exprimé toute sa gratitude à toutes celles et à tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à la réussite de cette mission.


Chahana TAKIOU

14 Octobre 2008