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faussaire3.jpgMalgré toutes les misères que les multiplicateurs d’argent ont faites dans le district de Bamako, plusieurs personnes tentent encore l’aventure. Fousseyni Diarra, un tailleur de Baguineda vient de l’apprendre à ses dépens quand un faussaire l’a délesté de 1 020 000 F CFA, plus une moto Jakarta.

Le lundi passé, un individu accompagné de l’une de ses connaissances, a abordé Fousseyni Diarra, un tailleur de Baguineda. C’était pour parler affaire selon leurs propres termes. Il fut entrepris par son parent qui lui confia «Mon ami a des paquets de billets noirs appartenant à feu Général Robert Guéi. Il est présentement à la recherche de partenaires pour faire le travail. Tout ce dont il a besoin, ce sont des produits chimiques pour laver l’argent» « .

Sur le champ, le faussaire fit une courte démonstration. Il retira deux papiers noirs d’un paquet et demanda à Fousseyni de lui apporter de l’eau dans une assiette de couleur blanche.

faussaire2.jpgIl versa certains produits dans l’eau avant d’y tremper les deux papiers noirs. Quelque temps après, il retira de l’eau deux billets de 5 000 F CFA tout neufs qu’il remit à Fousseyni, ce dernier n’en crut pas ses yeux.

Sitôt après le départ des deux complices, il courut à la banque vérifier l’authenticité des billets et se rassura quand le caissier lui apprit que les billets étaient bons.

Au petit soir quand les trois amis se retrouvèrent, le faussaire retira un joli paquet portant l’effigie du général Guéi de son sac et confia à Fousseyni que «ce paquet d’une valeur de 10 millions peut changer sa vie. Il l’exhorta donc à ne pas laisser passer cette chance qui s’est enfin offerte ».

Ils se mirent donc d’accord sur les modalités du travail, Boubacar Sidibé puisque c’est de lui qu’il s’agit, allait faire le travail et Fousseyni devait s’occuper de l’achat des produits.

En ce qui concerne le pactole de 10 millions de francs CFA, ils allaient se le partager kif -kif. Le mercredi matin, Fousseyni remit 820 000 F CFA au faussaire pour l’achat des produits et le travail devait se faire vers les coups de 23 heures.

faussaire.jpgA l’heure convenue, les trois amis s’enfermèrent dans une chambre et le travail débuta normalement. Le faussaire était en plein travail, les billets de banque tout neufs ne faisaient que tomber alors que son complice séchait l’argent au moyen d’un fer électrique.

Soudain, le faussaire jura plusieurs fois, le billet qu’il venait de sortir de l’eau était de couleur rougeâtre et tacheté. « Le produit, confia t-il à Fousseyni, est déjà faible « . Il essaya un autre billet, quand il le retira de la cuvette, la moitié était complètement noire. «Arrête comme ça, cria Fousseyni, tu risques de gâter d’avantage de billets».

La solution lui, confia le faussaire, est de trouver sans plus tarder le produit qui manque. Il commit alors la maladresse de se servir du téléphone de Fousseyni pour appeler l’un de ses complices qui devait leur fournir le produit.

Fousseyni lui remit 200 000 F CFA pour l’achat du produit et pour lui faciliter la tâche, il lui prêta sa moto jakarta. Mais les deux complices disparurent pour ne plus revenir.

Fousseyni dès le lendemain matin alla droit au 3e arrondissement relater sa mésaventure à l’Epervier du Mandé, l’inspecteur Papa Mambi Kéita. Le hic est que la victime ne connaissait ni le nom ni le domicile des deux escrocs mais il se souvint qu’ils avaient utilisé son téléphone pour appeler le fournisseur du produit.

L’Epervier qui ne manque pas d’astuces tendit alors un piège à ce fameux fournisseur de produits mais ce dernier attendit deux jours pour se manifester. Il envoya tout d’abord un jeune homme, ce dernier fut cueilli par la police mais essaya de la faire tourner en rond.

C’était sans compter avec les limiers de la brigade de recherches. Finalement, l’Epervier l’amena à se mettre à table, c’est ainsi qu’il conduisit les policiers jusqu’au domicile du malfrat, à Lafiabougou.

faussaire1.jpgAprès une lutte acharnée, les policiers réussirent à maîtriser le faussaire, la perquisition opérée dans son repère permit aux policiers de saisir du matériel pour fabriquer des faux billets ainsi que des paquets de morceaux de papiers.

Au commissariat de police, il déclina son identité comme étant Boubacar Sidibé, un tailleur de Lafiabougou. Il reconnut avoir escroqué Fousseyni Diarra mais soutint que la moto Jakarta lui appartenait avec fausse facture à l’appui.

Il a été déféré le lundi dernier devant le procureur de la République du tribunal de la commune II.

Pierre Fo’o MEDJO- L’Indépendant

04 juillet 2007.