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« Histoire du mouvement social islamique malien». C’est le titre d’un livre que vient de publier Thierno Hady Cheick Oumar Thiam. L’ouvrage de 71 pages, écrit en arabe et en français, est une réflexion sur cette religion pratiquée par l’écrasante majorité de la population malienne.

Thierno Hady Cheick Oumar Thiam est un leader religieux soufi, secrétaire à la communication du Haut conseil islamique (HCI) du Mali dont il fut d’ailleurs le premier président entre 2003 et 2008. Dans son livre, le prêcheur a donc troqué son titre de leader religieux pour endosser celui de chercheur pour «présenter avec un esprit de synthèse la complexe dynamique de changement religieux» au Malie et au sahel. Il faut dire que la religion notamment musulmane est source d’enjeux majeurs dans le monde. Pour Thierno Hady Cheick Oumar Thiam, l’idéologie islamique façonne l’esprit politique de plusieurs personnes dans la région sahélienne, les conseils des leaders religieux étant toujours pris en compte dans la gestion du pouvoir.

Si cet ouvrage se veut une explication méthodique des rapports entre l’Etat et la religion de 1960 à 2011, l’auteur ne manque pas de faire un rappel historique de ces enjeux. «Sous les empires, les dirigeants monothéistes ne manquaient pas de consulter leurs conseillers musulmans», a-t- il souligné. Est-ce une façon de justifier l’influence de plus en plus croissante des leaders religieux dans la sphère politique ? Cette perspective hante les observateurs politiques qui y voient comme un obstacle à la laïcité de l’Etat.

«Les différentes République du Mali ont eu à gérer l’islam par une recherche négociée de sa propre légitimité sans pour autant sacrifier son ancrage constitutionnel laïc sur l’autel des religieux», assure l’auteur du livre. Cependant, précise-il, ces derniers sont fortement consultés en privé. Les années postcoloniales ont vu une floraison de tendances musulmanes que l’auteur tente de «mieux expliquer» dans le livre : vanité et narcissisme peuvent être le couronnement d’actes cultuels de certains fidèles. «L’islam a été et demeure ce qu’il est. Ce sont plutôt les hommes à travers la création de nombreuses confréries et appartenances associatives qui ont introduit les différences d’interprétations», a-t-il prêché.

Seydou Coulibaly

02 Juillet 2013

AFRIBONE