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Il est entouré par le monument de la Liberté à l’est, au sud par le Carrefour des jeunes, à l’ouest par une station d’essence et au nord par les bâtiments de la mairie centrale. Le jardin très attrayant, parsemé de sculptures grandeur nature de plusieurs espèces d’animaux, fait partie intégrante du musée. Ce haut-lieu de la culture possède une belle collection d’objets fournis par les familles fondatrices de Bamako, les Niaré, les Touré, les Dravé et les Bozo.

Une exposition est consacrée aux photographies de la période coloniale et des débuts de l’indépendance du Mali. Ces illustrations ne sont pas des pièces d’exposition permanente mais plutôt des pièces de documentation. Elles peuvent être feuilletées dans une photothèque (bibliothèque).

Leur présence témoigne à suffisance de notre pauvreté en collections. C’est en décembre 2003 que cette institution fut inaugurée à travers deux expositions temporaires. La première était intitulée “Bamako au fil des siècles” et la seconde mettait en valeur des artistes contemporains ayant travaillé sur de nombreux aspects de la ville.

Le musée a abrité de septembre à octobre derniers une inoubliable exposition consacrée à certaines oeuvres de Kandioura Coulibaly. Deux mois durant, près d’un millier de visiteurs ont escaladé les marches de la salle d’exposition située au premier étage. Le musée organise au moins une exposition par an.

Il prête ses salles pour accueillir de grands événements. Ainsi il a abrité le Marché national des arts plastiques que la direction nationale de l’action culturelle organise tous les deux ans et les expositions collectives annuelles du Centre d’art plastique “Soleil d’Afrique”.

Toutes ces manifestations ont fondé la bonne réputation du Musée du District. Il est devenu aujourd’hui un lieu idéal de promotion des arts. Et il est reconnu comme tel par les professionnels du sous-secteur.
Parallèlement aux expositions, le Musée de Bamako poursuit péniblement ses activités dans d’autres domaines.

Il intervient dans la recherche et la conservation de documents historiques sur la ville. Il organise la collecte, la conservation et la diffusion du patrimoine historique urbain. Il initie des activités socio-éducatives et culturelles destinées à promouvoir le patrimoine urbain. Aujourd’hui le musée connaît des difficultés de plusieurs ordres qui mettent son existence en danger.

Cette belle oeuvre doit être soutenue et dotée des moyens adéquats pour accomplir sa mission de conservation et de promotion du patrimoine de notre capitale. Il est surtout déplorable que le personnel de la structure ne parvienne pas à s’adapter au travail spécifique d’un musée parce qu’il n’en a pas la vocation.

Les nuisances sonores liées aux répétitions (danses et tam-tam) de la troupe du District sur la terrasse de l’étage dérangent les visiteurs et nuisent considérablement au bâtiment. Il règne autour de l’édifice une atmosphère d’insécurité provoquée par la présence d’une foule d’apprentis chauffeurs, de vendeuses, de badauds qui occupent les rues environnantes.

La gestion de ce patrimoine n’est pas comparable à celle d’une administration publique”, explique Makan Doucouré, directeur adjoint du Musée. La mairie du District considère le musée comme un service municipal ordinaire. Cette vision est contestée par Makan. Ce technicien juge qu’il faut accorder à sa structure “une autonomie de gestion et d’action permettant de développer des initiatives, des partenariats, car l’art à horreur des contraintes”.

En effet, un musée ne saurait être confondu à une galerie faite pour avoir de l’argent. Un musée sauvegarde plutôt la mémoire collective, la culture. Le budget, même modeste, peut aider à collecter petit à petit les objets. Il suffit souvent d’offrir des kolas, en faisant de petites surprises aux propriétaires d’objets d’art ou de reliques anciennes.

Ils se débarrasseront un jour des pièces historiques qui leurs sont pourtant chères en compensation de vos présents. Le personnel doit être dynamique et disponible. Parce que le musée peut rendre les week-ends agréables.

Y. DOUMBIA

17 Novembre 2008