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Dans sa vocation d’imprégner la jeune génération du passé de ses ancêtres, le Centre National de Cinématographie du Mali (CNCM) est en voie de lancer un film sur le règne de Da Monzon.

A cet effet, le CNCM a mis à profit la journée du 24 Septembre pour faire l’état des lieux des préparatifs de ce film, dont la date de lancement est fixée en fin Octobre 2008, pour un coût prévisionnel d’environ 301 millions de FCFA.

La réalisation de ce film entre dans le cadre de la révélation de la richesse culturelle de l’histoire du Mali en général, et de celle de Ségou en particulier. En réalité, à une époque donnée, l’histoire de “faaman Da“ (Da Monfut celle de Ségou.


L’histoire d’un “faaman”

En effet, Da Monzon, qui a accédé au trône au début du 19ème siècle (soit en 1808) à l’âde de 30 ans, était le roi de la troisième dynastie des Diarra, une dynastie fondée par son grand-père, Ngolo Diarra. Cet empire, que les Bamanans ont bâti depuis Mamary “Biton” Coulibaly, a atteint son apogée sous le régime de Monzon, et surtout, de son fils da Monzon.

Singulier personnage que ce faaman Da. Il a dominé toute l’histoire du royaume bamanan de Ségou. les griots, communicateurs d’hier et d’aujourd’hui, cristallisent autour de lui la plupart des conquêtes impériale de Ségou : conquêtes de Korè, de Jakuruna, de Jonkoloni, de Samanyana, etc. Ce qui explique aisément que notre histoire est à cheval entre le concept scientifique, l’épopée et la légende.

Et les griots en manient les ressorts avec une facilité déconcertante. Da Monzon était l’héritier d’un empire prospère. Aussi, sans dormir sur ses lauriers, il avait récolté ce que ses pères avaient semé. Il apparaît donc comme le dernier grand souverain de Ségou.

Da Monzon est le héros dont on peut à la fois vanter la puissance et chanter l’impuissance, dont on peut faire simultanément un objet de drames épiques et de satires féroces.

Pour l’histoire, l’accession de Da Monzon se situe dans une atmosphère de violence. le pouvoir de Da reposera sur quatre piliers essentiels : des djélis, l’armée des Tondion, les hommes de science (marabouts et féticheurs), et enfin et surtout, les femmes.

Les confidentes du roi

Deux femmes vont ainsi s’illustrer auprès du roi : la première, Makoro Coulibaly, la grand mère de Da qui sera aussi sa principale conseillère, était celle qu’il consultait dans tout ce qu’il entreprenait, des choses les plus sérieuses touchant au pouvoir aux choses le plus intimes.

La deuxième, Sitan, l’espionne et maîtresse de la sduction, était celle qui subjuguera Samanyana Bassi, lui extorquera tout ce que le s marabouts et les féticheurs ont demandé : le bonne, le turban, le turti, la ceinture, et enfin, le sandales de Bassi.

La trame d’une histoire

Auparavant, Da avait acheté l’adhésion des Tondion avec quantité de poudre d’or, de cauris, de jarres, d’hydromel de Banièdiougou. Ainsi, une importante armée dirigée par Da Monzon en personne marchera sur Samanyana. Une armée si importante qu’arrivé aux portes de Samanyana, Da se rendit compte …qu’il a oublié sa tabatière à Ségou.

Le message de l’oubli du roi est alors transmis de bouche à oreille. Et en un clin d’oeil, sa tabatière fut passée de main à main, de Ségou à Samanyana : c’est dire combien le convoi qui accompagnait Da était impressionnant.

Le combat fut donc déclenché à l’aube. Mais avant la nuit, les corrupteurs de l’armée de Ségou pénètrent dans la ville de Samanyana, aidés en cela par la favorite délaissée par Bassi. Ils entreprirent alors d’en corrompre les habitants avec de l’or et de l’argent. Les femmes furent des proies toute indiquées : on les “inonda” de bijoux, et… elles acceptèrent de mouiller toute la poudre (pour les armes) contenue dans les greniers de réserve.

Ainsi, le lendemain, à l’aube, l’armée de Ségou n’eut plus qu’à pénétrer dans Samanyana désormais dépourvu de poudre, et à capturer Bassi qui, résigné, demeura quand même digne. Alors, Samanyana en ruines résonna de la chanson satirique des Tiondions. Et Da Monzon et son armée triomphale s’ébranla en direction de Ségou, avec hommes femmes et biens ravis à Samanyana.

Bakoroba COULIBALY

26 Septembre 2008