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A propos de l’état actuel de notre Cinéma, Souleymane Cissé a indiqué qu’il est dans une situation très délicate au niveau de la production.
Selon lui, seulement deux longs métrages ont été réalisés ces cinq dernières années, Kabala de Hassane Kouyaté et yelema 3 de Mamo Cissé.

Il a ensuite estimé que le signe révélateur de la déliquescence de notre cinéma est l’absence de film malien en compétition, cette année, au Fespaco.
Le Président de l’UCECAO a déclaré que des structures et des compétences bien que limitées et souvent déficients, existent. Selon lui, ce capital existant devrait permettre des niveaux de production nettement supérieurs à ceux existant.

Le problème est que l’ensemble de la chaîne de valeurs de l’industrie est bloqué, dit-il.
Souleymane Cissé a estimé que la liquidation par l’Etat des salles de cinéma à travers le Mali à partir le 1995 a été la première cause de la destruction du Cinéma au Mali.

Aujourd’hui, la distribution en salle est devenue un parcours du combattant, impossible eu égard au vieillissement des équipements. «Pire, le développement des lecteurs VCD ont éloigné le public de son cinéma. Conséquence, les salles privées ferment les unes après les autres», note t-il..

Cependant, tout n’est pas sombre dans la vision de Souleymane Cissé. Il perçois l’exploitation des films sur support vidéo (VHS, VCD et DUD) comme une alternative salutaire. Là aussi, le piratage généralisé des oeuvres risque de saper cet espoir si rien n’est entrepris dans l’immédiat pour endiguer le fléau.

Dans une comparaison rapide, le cinéaste a regretté que plusieurs pays de la sous région parviennent à développer et à maintenir leur industrie cinématographique alors que le Mali n’en a plus.

Selon lui, la Côte d’Ivoire produit et exporte des Sitcoms. Le Ghana et le Nigeria produisent les quantités phénoménales de films vidéo. Le Burkina faso a su conserver ses salles et plusieurs long métrages y sont réalisés chaque année.

«Seul le segment des films documentaires au Mali tient encore une place importante. Mais là encore, du fait de l’absence de formation professionnelle, ces documentaires sont souvent produit par et pour l’extérieur, en utilisant peu de personnel Malien», désespère t-il.

Assane Koné

19 mai 2005