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Le sésame tend de plus en plus à devenir un produit très recherché dans les échanges commerciaux. Mais les acteurs de la filière dans notre pays ne bénéficient pas une attention soutenue des autorités pour permettre à la filière de s’épanouir. Pour l’heure, ils font face à une concurrence qui rend invisible le label malien dans le marché international.

Au Mali, les acteurs de cette filière sont laissés pour compte. Les produits de sésame (Bene) en langue vernaculaire, est l’objet de toutes les convoitises de la part des exportateurs africain et Asiatique. Dans la Zone Afrique de l’Ouest le Burkina Faso domine le marché avec une production de 10000 t. Il est utile de préciser que la plupart des sésames du Burkina provienne du Mali, car l’espace cultivable est insignifiant au notre. Les acteurs de la filière sésame de notre pays triment à perte, ils ne reçoivent qu’une infime partie de la production. Tout est exporté à l’extérieur. Le pire dans cette affaire, c’est que le Burkina Faso est très influent dans la chaine de collecte et d’exportation de sésame au Mali. Il exporte le Sésame malien et s’en attribue le titre de producteur avec le label du Burkina Faso. Notre pays souffre d’une concurrence déloyale des acheteurs de nos produits. En fait, la superficie exploitée au Mali est de 50000 Ha avec une production annuelle estimée à 100 000 tonnes dépassant de loin le Burkina Faso.

La filière fait employer plus de 200 000 personnes. Malgré l’immense potentialité de terre arable dont regorge notre pays, la filière est confrontée à de nombreuses contraintes pour son expansion. L’une des difficultés majeures dont nos acteurs sont confrontés tiennent en premier du Financement. Les Banques n’arrivent pas à créer les conditions nécessaires de financement en vue de soutenir les acteurs de la filière. Outre le manque de financement, les acteurs de la filière évoluent dans un réseau d’approvisionnement difficile .Toute chose qui freine le développement du sésame malien. A ce la s’ajoute le manque d’organisation de la filière. Sans une bonne organisation des acteurs de la filière, le secteur aura difficilement un lendemain meilleur. Pour organiser la filière, il faut nécessairement la création d’un inter profession qui aura pour tache d’ organiser la filière de sésame en vue d’assurer l’interface avec les autorités.

Au Mali, il ya quatre bassins de production à savoir : Kayes, Koulikoro, Sikasso. Ces potentialités ne sont pas suffisamment exploitées .Le sésame s’il est bien exploiter comme il se doit, il pourrait constituer un substitut à l’or. Pour permettre à la filière de connaitre un essor réel, les autorités maliennes doivent fortement s’impliquer en vue de rendre visible sur le marché international le label du Mali répondant aux normes de qualité au niveau national et international pour chaque produit et sous produit du sésame. Rappelons que le Gouvernement de notre pays a adopté un plan d’action en 2001 en vue de promouvoir 22 filière porteuse dont 11 filières considérées comme prioritaire à savoir : riz, mais, le mil, le coton, le Karité , la gomme arabique , le sésame, les fruits et légumes, le bétail et le poisson. Ces filières porteuses pour notre pays, sont considérées comme des avantages comparatifs qui peuvent permettant d’assurer la croissance économique en vue d’un développement durable, seul moyen efficace de lutte contre la pauvreté au Mali. Pour réussir cette mission les autorités actuelles se doivent de protéger ce produit contre la concurrence sauvage et anarchique.

L’avantage comparatif dont on parle aujourd’hui ne peut devenir une réalité que si on accepte de donner les moyens aux acteurs de la filière sésame de bien s’organiser. Le ton est déjà donné par la Coordination des Sociétés pour la Valorisation et la commercialisation du Sésame Mali (CSVS-Mali).Cette Association de la filière s’est fixée comme objectif essentiel de développer, organiser la filière sésame au Mali. Et ce la à travers le renforcement de la sécurité alimentaire sanitaire, en particulier, par la sécurité des aliments, la traçabilité des produits dans l’intérêt des utilisateurs et des consommateurs. Pour relever ce défi, il a été question de créer et de mettre en valeur par le conditionnement, notamment un label avec des normes de qualité au niveau national et international pour chaque produit et sous produit du sésame.

Boubacar SIDIBE

Le Prétoire du 16 Décembre 2013