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Suite à l’échec de ses négociations avec le gouvernement et le patronat à propos de son cahier de doléances, la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) observe depuis Mardi une grève de 72 h. Mais, cet appel à l’arrêt du travail n’a été véritablement suivi que par la Fédération de l’éducation nationale (Fen) et une banque de la place. Film d’une première journée ratée.

La grève de la CSTM est largement suivie par la Fédération de l’éducation nationale (Fen). A Bamako, certaines écoles que nous avons pu sillonner comme les groupes scolaires Mamadou Konaté, N’tomikorobougou, Darsalam, Camp-Digue et Camp des gardes, St-Kizoto à Lafiabougou sont restées fermées. De nombreux enseignants n’étaient pas à leurs postes.

Mais, le succès a été moindre du côté du Syndicat national des banques et établissements financiers (Synabef), qui a timidement observé le mot d’ordre de grève. Sur la dizaine de banques de Bamako, seule la Banque of Africa a baissé ses stores et aucun paiement ne se faisait à ses guichets. Les clients se sont rabattus sur les guichets automatiques qui ont néanmoins fonctionné.

La Banque nationale de développement agricole (BNDA), l’un des fiefs de la CSTM, a aussi boudé le mot d’ordre de son syndicat mère. Selon Kalifa Diakité, secrétaire général du comité syndical de la BNDA, « nous n’avons pas observé la grève pour une raison fondamentale. On ne nous a pas associés au préavis de grève par conséquent on n’a pas été préparés en la matière ».


Impréparation

M. Diakité ajoute que trois jours, c’est trop pour une centrale syndicale qui n’est jamais allée en grève. Il précise que « je leur ai dit au cours de la réunion de faire 24 ou 48 h de grève car nous n’avons pas l’expérience de la grève. Face à la concurrence et la non-préparation, la BNDA ne peut observer 72 h de grève, mais nous sommes solidaires de l’esprit de la grève. Nous avons une politique vis-à-vis de la clientèle. C’est hier (Ndlr : lundi la veille de la grève) seulement qu’on nous a informés de la grève. On ne pouvait pas informer tous nos clients. Nos clients n’ont pas été préparés et informés. C’est ainsi que le comité syndical de la BNDA a décidé de travailler pour ne pas pénaliser les clients ».

Les assurances et autres établissements financiers ont également travaillé normalement. Les transports urbain et interurbain n’ont pas non plus participé à cette première journée de grève. Les « Sotrama », bus et taxis étaient visibles en circulation toute la journée d’hier.

La CSTM a 58 points de revendications qui tournent autour de l’amélioration des conditions de travail, l’amélioration des conditions de vie, le respect des droits et des libertés et le bannissement de l’exclusion.

Lundi à 14 h 30, les négociations avec le gouvernement et le patronat se sont terminées sur un constat d’échec. Sur les 58 points de revendications, il y avait 16 points de non-accord, 13 points d’accord et 1 point d’accord partiel. Cet échec des négociations ne pouvait que conduire la CSTM à observer son mot d’ordre de grève.


Sidiki Doumbia

(stagiaire)

28 novembre 2007.