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La hausse du prix des denrées alimentaires, le chômage des jeunes diplômés, la pauvreté des ménages…Tant de problématiques irrésolues ; et pourtant, le Mali affiche cette année un taux de croissance économique de 5%. C’est une nouvelle évoquée lors du conseil national des crédits au siège de la BCEAO, le 14 décembre dernier. En présence du Ministre de l’économie et des finances, Dr. Boubou Cissé et d’autres éminents personnages du domaine de l’économie malienne. Ce conseil national du crédit qui constitue un rendez-vous ordinaire du monde économique et financier malien, permet de s’enquérir des décisions importantes en vue d’améliorer l’environnement des affaires.

Le Mali affiche ainsi un taux de croissance de 5%, et selon le ministre, qui restera stable durant les années 2019 à 2020.

Lors de cette conférence, deux (2) importants chantiers ont été mis sur table pour l’année 2019. D’une part, une étude sur la monnaie locale, à la demande de la chambre consulaire du Mali, est prévue. Cette décision vient à point nommé à cause de la rareté et la spéculation autour des billets de banques. Selon le Ministre « le conseil a rappelé qu’il y a une loi qui a été votée par l’Assemblée nationale en la matière. Il est tant que cette loi puisse être appliquée et je pense qu’en 2019, nous tâcherons de faire en sorte que cette loi puisse être appliquée. On va d’abord communiquer et sensibiliser les individus qui pratiquent cette spéculation, à partir de cela, commencer à prendre des actions coercitives »

D’autre part, le chantier de la finance islamique a été soulevé. Des réflexions seront engagées autour de ce mode de financement complètement inclusif. Le Mali va ainsi se doter d’une stratégie nationale d’inclusion, jusque-là inexistante. Celle-ci offrirait une nouvelle visibilité et des objectifs clairs d’actions visant à améliorer l’accès des populations nationales aux services financiers. La zone UEMOA s’en est dotée depuis l’année 2016. Des pays comme, le Sénégal et la Côte d’ivoire restent exemplaires en cette matière. L’objectif global cette stratégie régionale de l’UEMOA est « d’assurer, sur un horizon de cinq (5) ans [2016-2020], l’accès et l’utilisation d’une gamme diversifiée de produits et services financiers adaptés et à coûts abordables à 75% de la population adulte l’ensemble des initiatives menées par les Autorités monétaires et, d’autre part, d’assurer la synergie avec les stratégies nationales en cours au niveau des Etats ».

Une autre question fut soulevée. Cette dernière concerne un plus vaste édifice. Celui du cadrage macro-économique ; la situation financière et monétaire du Mali qui reste toujours d’actualité. Selon le ministre, « On a une inflation qui est plutôt bien maitrisée 1% qui évoluera au max à 2% pour 2019 et 2020. Le comité a encouragé à ce que certaines actions puissent être prises pour que cette croissance là soit redistributive et que nous arrivons à agir sur les conditions de vie des ménages et les améliorer. Il y a un paradoxe, on dit que l’inflation est maîtrisée pourtant les ménages se plaignent du niveau d’évolution du prix des denrées alimentaires dans notre pays. On va réfléchir à des mesures d’atténuation ».

Aissata Keita

Bamako 17 Décembre 2018

@Afribone