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Campagne de vaccination du cheptel

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C’est dans la ferme privée d’André N’Diaye à Manabougou dans la commune rurale de Tienfala, à une quarantaine de kilomètres de Bamako, que le Premier ministre Modibo Sidibé a présidé, samedi dernier, le lancement la campagne nationale 2007-2008 de vaccination du cheptel contre la péripneumonie contagieuse bovine. La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de l’Élevage et la Pêche, Mme Diallo Madeleine Ba et cinq autres membres du gouvernement, ainsi que des directeurs centraux des services d’élevage, des autorités politiques et administratives de la deuxième région et des professionnels de la filière.

Malgré le décès du chef de village de Manakoro la veille, les populations de la commune de Tienfala et des villages environnants sont sortis massivement pour donner à l’événement, tout son éclat. Les troupes folkloriques du terroir, la confrérie des chasseurs et les danseurs du « Tièblétiè » de Sèma, un village bambara de la région, ont émerveillé le public par leurs chants et danses.

« C’est un honneur pour nous de recevoir cette cérémonie« , s’est réjoui le maire de la Commune, Amadou Djibrila Maïga qui a rappelé que l’économie de sa commune, à l’instar de plusieurs autres communes rurales de notre pays, repose sur agriculture, l’élevage et la pêche.

« Cet équilibre risque de s’effondrer à cause des maladies bovines et des feux de brousse. Chaque année, les feux de brousse consument l’essentiel de nos pâturages, annihilant ainsi tous nos efforts« , a-t-il fait remarquer tout en sollicitant l’appui du gouvernement pour circonscrire ces dangers. Il a ensuite souhaité que cette campagne vienne à bout des grandes endémies bovines dans la Commune.

MARQUE DE CONFIANCE :

André N’Diaye, s’est réjoui du choix porté sur sa ferme pour abriter cet important événement. « Ceci est une marque de confiance qui, a-t-il souhaité, doit être le point de départ d’un partenariat fécond entre les secteurs public et privé pour le développement de l’élevage dans notre pays. »

Il n’a pas occulté les multiples difficultés auxquelles font face les professionnels du secteur. Au nombre de ces contraintes, il a souligné le coût élevé des intrants -tourteaux et céréales- et les feux de brousse qui déciment les pâturages. L’appui des pouvoirs publics, a-t-il indiqué, permettra de surmonter ces écueils.

Le Premier ministre Modibo Sidibé, saisissant la balle au bond, a rappelé que l’engagement du président de la République en faveur du développement du monde rural, traduit en action politique par les gouvernements successifs, sera maintenu.

Un nouveau dynamisme sera insufflé à cette volonté présidentielle grâce au partenariat public et privé pour stimuler le développement du secteur agro-pastoral, qui constitue une épine dorsale du Programme de développement économique et social (PDES) sur la base duquel le chef de l’État Amadou Toumani Touré a été réélu à la tête de l’État.

Pour le chef du gouvernement, les actions menées dans ce sens permettront à notre pays de développer une industrie de la viande et faire en sorte que désormais le Mali n’exporte plus de bétail sur pieds. A cet effet, d’importants investissements sont en cours pour améliorer la filière bétail-viande, a-t-il indiqué.

Pour le ministre de l’Élevage et la Pêche, la place de l’élevage dans l’architecture de notre économique n’est plus à démontrer. « L’élevage contribue aux revenus des populations rurales pour environ 80% dans les systèmes pastoraux et 18% dans les systèmes agro-pastoraux. Il participe à hauteur de 11% au produit intérieur brut, 25% à la production du secteur rural et 20% par an en moyenne, aux recettes d’exportation. Il occupe ainsi la troisième place des produits d’exportation de notre pays après l’or et le coton. Il constitue, également, la principale source de subsistance pour plus de 30% de la population malienne« , a expliqué Mme Diallo Madeleine Ba.

Avec plus de 7 millions de bovins, 15 millions d’ovins-caprins et 20 millions de volailles, selon les statistiques fournies par le secrétaire général du Conseil supérieur de l’Ordre national des vétérinaires du Mali, Dr Oumar Tounkara, l’élevage occupe une place primordiale dans le développement socioéconomique de notre pays.

Pour lui, il constitue un sous-secteur stratégique dans l’atteinte des objectifs de la sécurité alimentaire dans notre pays.

La vaccination, a-t-elle souligné, a été perçue très tôt comme un moyen efficace dans le contrôle des maladies animales. L’objectif du gouvernement, à cet effet, est de préserver notre cheptel contre des pathologies telles que la péripneumonie contagieuse bovine, la peste des petits ruminants, les pasteurelloses, le charbon bactéridien, le charbon symptomatique, la clavelée, la maladie de Newcastle et la variole aviaire.

Au demeurant, les efforts entrepris pour contrôler ces maladies ont fourni d’excellents résultats. Selon Mme Diallo Madeleine Ba, de 3,2 millions de têtes vaccinées lors de la première campagne de vaccination en 2002/2003, on est passé à près de 5,120 millions de têtes vaccinées lors de la dernière campagne 2006/07.

PARI GAGNÉ:

Au regard des résultats obtenus, l’on est en droit de dire que le pari, d’obtenir de bons taux de couverture vaccinale du cheptel contre les maladies prioritaires lancé à Nioro, à la faveur du lancement de la campagne 2004/2005, a été largement gagné, s’est-elle réjouie. Car l’objectif de vacciner les 80% du cheptel contre la péripneumonie contagieuse bovine a été atteint depuis la campagne 2005/2006.

Il s’agit de maintenir ce taux pendant quelques années pour éradiquer cette maladie de notre territoire. C’est pour cette raison que le gouvernement a élaboré et mis en œuvre un programme quinquennal de vaccination contre cette pandémie pour la période 2007/2011, d’un coût de plus de 1,3 milliard de Fcfa, entièrement financé par le budget national.

Pour Oumar Tounkara, la vaccination seule ne suffira pas, le secteur a besoin d’être accompagné par une politique sanitaire soutenue par des agents de santé animale bien formé. Il a déploré à cet effet l’absence d’école nationale vétérinaire dans notre pays, depuis la fermeture de la filière à l’Institut polytechnique rural (IPR) en 2002. Cette grande école ne forme désormais que des zootechniciens et non des vétérinaires.

Le porte-parole des vétérinaires a plaidé pour la relecture des textes régissant le mandat des vétérinaires privés. Car ces textes sont devenus caducs avec l’usure du temps. Actuellement 141 mandataires ont obtenu l’autorisation de vacciner et d’assurer l’encadrement de proximité en matière de santé animale, a-t-il révélé.

Dr Oumar Tounkara a rendu hommage à l’ancien ministre de l’Élevage et la Pêche, Oumar Ibrahim Touré ainsi qu’au président de l’Ordre, Dr Ousmane Ba, élu député à Macina. Pour lui, ces deux personnalités, chacune dans son domaine, ont donné un coup de fouet au développement du sous-secteur élevage dans notre pays. Le chef du gouvernement, pour clore la cérémonie a, au nom du président de la République, remis un important lot de matériels aux vétérinaires mandataires avant d’aller présenter les condoléances du gouvernement à la famille du chef de village de Manankoro.

A O. DIALLO


CENTRE REGIONAL DE SANTE ANIMALE : UNE SENTINELLE CONTRE LES ÉPIZOOTIES

Après le lancement de la campagne de vaccination du cheptel à Manabougou dans la région de Koulikoro, le Premier ministre Modibo Sidibé a inauguré à Sotuba en Commune I du district le Centre régional de santé animale (CRSA). La cérémonie à laquelle ont pris part de nombreux partenaires et responsables des services de santé animale, avait une signification particulière pour Modibo Sidibé qui, en qualité de ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a signé en 2000 l’accord de siège de la première représentation continentale de l’Organisation de mondiale de la santé animale (OIE) dans notre pays. Le représentant régional de l’OIE et secrétaire permanent du CRSA, le Dr Samba Sidibé n’a pas manqué de le rappeler dans son allocation.

Le chef du gouvernement en réponse s’est réjoui qu’il soit au début et à l’aboutissement de ce grand projet. Aussi a-t-il souhaité que cette coïncidence augure de lendemains meilleurs pour le CRSA.

Dr Samba Sidibé, faisant la genèse du centre, a rappelé que sa construction fait suite à l’apparition de la grippe aviaire en Asie en 2004 et en Afrique en 2006 ainsi que la menace que cette pandémie constitue pour la santé animale et humaine.

Ainsi, les pays africains, à l’instar de la communauté internationale, se sont mobilisés pour prévenir l’apparition de l’épizootie dans les pays indemnes, circonscrire et éradiquer la maladie, là où elle est apparue, et préparer la gestion du risque de pandémie.

C’est ainsi que l’idée de création du CRSA a été recommandée pour la première fois à l’occasion de la 2è conférence internationale pour l’Influenza aviaire et humaine tenue à Beijing (Chine) en janvier 2006. Ainsi, les trois institutions (FAO, OIE et UA-IBAR) signèrent le 25 avril 2006 à Bamako l’accord créant le CRSA pour l’Afrique de l’ouest et du centre.

Pour le démarrage des activités du Centre, notre pays a déboursé 100 millions de Fcfa pour réhabiliter les locaux de la représentation régionale de l’OIE-Afrique, offrant ainsi les meilleures conditions de travail aux experts de l’OIE, de la FAO et de l’UA-IBAR.

L’initiative malienne a libéré les autres énergies. La France a fourni le matériel informatique, l’USDA/APHIS, suite à une requête du directeur général de l’OIE, Dr Bernard Vallat, a équipé la salle de conférence d’un système de traduction, d’un vidéo projecteur, d’un groupe électrogène de 100 KVA, de 15 nouveaux bureaux et de 10 ordinateurs.

La vocation du Centre, selon Samba Sidibé, est de constituer un cadre de coordination et d’harmonisation des stratégies de suivi et d’évaluation des activités pour le contrôle des maladies animales y compris les zoonoses et en particulier l’Influenza aviaire.

Son objectif est de contribuer à la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire à travers l’amélioration de la santé animale, le développement durable des filières de l’élevage aux niveaux national et régional. En tant que plate-forme d’expertise et d’information et de formation, le CRSA ambitionne d’accompagner l’évolution, la coordination et la mise en œuvre des politiques de santé animale dans nos pays.

L’ouverture du centre en Commune I a été saluée par les populations par la voix de leur maire Mme Konté Fatoumata Doumbia. Pour elle, c’est un soulagement pour les éleveurs de la circonscription dont l’élevage constitue une des principales occupations.

Les orateurs qui se sont succédés à la tribune ont tous loué la volonté d’intégration sous-régionale et régionale de notre pays et l’engagement des plus hautes autorités de notre pays à faire du secteur agro-pastoral le levier de l’économie du pays.

Le représentant régional de la FAO, Édouard K. Tapsoba, s’est félicité du niveau de ressource consacré au secteur par notre pays. Actuellement, 13% du budget national sont consacrés au développement rural et le PDES ambitionne de relever ce niveau à 20% à l’horizon 2012, a-t-il constaté.

A O. D – L’Essor

22 octobre 2007.