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«L’Assemblée Nationale a toujours été aux côtés des aspirations profondes de notre peuple, elle le sera davantage dans l’avenir…». C’est en ces termes que Younoussi Touré a ouvert la session budgétaire de l’Assemblée nationale ce lundi 1er octobre 2012, en soulignant que le parlement a vainement intimé à l’exécutif de «tuer dans l’œuf» le problème sécuritaire qui a abouti à la crise socio politique que traverse le pays.

La session dite budgétaire de l’Assemblée nationale s’est ouverte le 1er octobre 2012. En principe, elle est principalement consacrée à l’examen de la loi de finance pour l’année 2013. En fait, le mandat de l’institution qui prenait fin en août dernier, a été prorogé jusqu’à la fin de la période de Transition. En marge des efforts du gouvernement de la transition, l’Assemblée compte ses actions qui sont entre autres, l’élaboration d’une feuille de route pour la sortie de crise, l’envoie d’une délégation à la cour pénale internationale pour l’informer des exactions commises par les rebelles sur l’armée malienne à Aguel Hock, le vote de plusieurs lois visant à contribuer à l’apaisement du climat social. Dans un long discours visant à indemniser l’Assemblée nationale de la crise que traverse le pays, Younoussi Touré est revenu sur le rôle qu’a joué l’institution qu’il dirige.

A l’issue de la mission d’une cellule de crise, l’Assemblée nationale du Mali a produit un rapport faisant ressortir «l’extrême gravité de la situation sécuritaire dans les régions du nord du Mali» avant l’éclatement de la crise. Ce rapport, a souligné M Touré, a été remis à Amadou Toumani Touré, alors président de la République. La mission à laquelle fait allusion le président de l’Assemblée nationale par intérim, a rencontré, en novembre 2011, les populations des trois régions du nord ainsi que les «groupes lourdement armés» venus de la Libye et le MNLA. Le rapport, a-t-il dit, concluait sur l’impérieuse nécessité d’une action rapide du gouvernement avant qu’il ne soit trop tard. La crise annoncée a atteint son point culminant avec le coup d’Etat du 22 mars où les putschistes ont justifié leur action par une «incompétence» du régime en place.

La médiation de la CEDEAO a permis le retour à l’ordre constitutionnel après ce coup de force. À l’exception du Haut Conseil des Collectivités, les institutions de la République ont repris leur fonctionnement normal. Mais le pays s’enfonce davantage dans ses difficultés liées à la gestion de la crise sécuritaire. «Si on peut constater aujourd’hui qu’une étape décisive a été franchie dans la résolution de la crise institutionnelle, aucun progrès significatif n’a été fait dans celle de la crise sécuritaire et la restauration de l’intégrité territoriale du pays», a alerté Younoussi Touré. Selon lui, nous devons trouver la force et la sagesse de régler le différend entre des bérets rouges et des bérets verts. Le président de l’Assemblée nationale par intérim estime qu’il y a «urgence à libérer» le pays de «l’asservissement» des groupes armés qui «règnent par la terreur dans les territoires sous occupation».

Seydou Coulibaly

02 Octobre 2012

©AFRIBONE