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Du mélange des genres à la confusion nationale. Ce que parler veut dire : du sens d’un concept.

Dans plusieurs de nos contributions nous avons usé du néologisme « informèl-lisation » pour caractériser certaines situations sociales de notre pays. Ainsi, dans notre tribune intitulée : « Impunité !… Impunité !… Quand tu nous tiens ! » nous concluions en ces termes : « Cette ‘informèl-lisation’ de certains secteurs essentiels de la fonction régalienne de l’Etat malien est en fait, au cœur de l’aporie actuelle de la ‘dérégulation massive’ de la lutte pour la ‘survie’ que nous surnommons incivisme ou tout simplement impunité ».

Ce néologisme barbare fait sens au concept d’« informel » que le petit Robert définit comme ce « qui refuse de représenter des formes reconnaissables et classables ». Le Dictionnaire de la langue française, précise : « Qui n’est pas soumis à des règles strictes, officielles ». Nous avons tous entendu parler « d’économie informelle » qui serait la spécialité des pays sous-développés ; économie dépendante de secteurs d’activités « dérégulés » où les lois de l’économie classique peinent à s’imposer.

On peut penser à des secteurs aussi divers que le petit commerce ambulant de nos villes, les services ambulatoires (petits tailleurs, vendeurs d’eau, mécaniciens aux coins de rues, etc.), la petite mécanique de rue, tous les secteurs occupés par ces femmes qu’on dit « chefs de familles » (restauration de rue, vente par placement dans les bureaux et lieux publics, etc.). Pour beaucoup d’économistes, cette économie dite « informelle » tout en restant le « ventre mou » des économies de l’Afrique subsaharienne, est incontournable. Non enregistrée, ne payant souvent pas d’impôts (sauf pour ceux qui squattent durablement l’espace public), cette économie parallèle fait vivre des millions de foyers en Afrique. Mais, notre propos n’a pas directement trait à ce domaine d’activité.

Nous employons ce néologisme pour essentiellement caractériser, aussi bien, certaines situations où des entrepreneurs (économiques, sociaux, politiques, etc.) évoluent en dehors des lois et règles classiques qui régulent traditionnellement le domaine qu’ils « squattent » , que certaines situations où, les règles et lois existent, mais les « entrepreneurs » ont mis en place des logiques qui rendent inopérantes ces règles et lois.

Nous le disions déjà dans la conclusion de notre article sur la circulation routière dans notre pays que « l’effritement et l’effilochement des structures étatiques, suite aux contraintes externes et au relâchement interne, font que les acteurs sociaux réagissent en intensifiant les pratiques de contournement et de détournement des lois, en ayant recours à diverses formes de pratiques de désobéissance et de falsification eu égard au déficit de capacité de sanction détenue par des pouvoirs publics affaiblis et/ou complaisants ».

C’est justement cela que nous nommons « informèl-lisation » du pays-Mali. Pensez à des services, de la fonction publique ou du secteur politique ou privé, où des hommes et/ou des femmes, en dépit des règles régissant ces secteurs, les investissent selon des règles propres à eux ou sans règles du tout, fonctionnant dans une sorte de « hors champ » juridique, « privatisant » carrément le service, on parle de « patrimonialisation » de service ou de l’Etat.

Cette contribution va articuler un certain nombre d’interrogations de fond, a) Notre pays, le Mali serait-il en voie « d’informèl-lisation » avancée eu égard à la tendance lourde actuelle (triple crise) ; b) Sous la poussée, longtemps observée, de la dérégulation massive des secteurs publics ; c) Etant entendu que cette « informèl-lisation » a grippé depuis toujours tous les secteurs d’activités ? D’aucuns penseront que notre problématique n’a rien d’original, étant entendu qu’en Afrique, tout fonctionne à « l’informel » !

Mais faut-il accepter que ce « prêt-à-penser » bâtard qui stipule que rien en Afrique ne peut fonctionner selon les règles qui, généralement, régissent les secteurs d’activité, ou, faut-il laisser ce « pense-bête » faire de notre pays une sorte « d’espace de non droit » où chacun fait n’importe quoi, n’importe comment et n’importe où ?

La question vaut la peine d’être posée dans la mesure où, on a l’impression que les lois, les planifications, les organisations, ne servent à rien. Mais d’entrée de jeu, il faut peut-être chercher à remonter aux sources de cette descente chaotique du Mali dans cette « informèl-lisation » tous azimuts.

Copier la France à tout prix ?

Au sortir de la colonisation, encore peu pourvus en compétences juridiques, nos pays se ruent sur la Constitution française de 1958, une Constitution laïque et fondant l’égalité sur la citoyenneté. Avons-nous compris tout ce qu’impliquait cette Constitution ? Jusqu’à nos jours, les Français ne sont pas arrivés à s’entendre sur les tenants et aboutissants de cette citoyenneté, les rodomontades autour de « l’identité nationale » obérant jour après jour le concept ! Toujours est-il que très rapidement, les Constitutions africaines deviennent de « simples mots » enregistrés dans des textes qui n’ont rien à voir avec la réalité ! Vous avez dit : laïcité ?

Cela veut dire quoi ? Vous avez dit : citoyen ? C’est quoi, çà ? Au Mali, dans cet entrelacs d’ethnies et de religions (dominées par l’islam), « laïcité et citoyenneté » vont être des concepts « réduits ». La Constitution dans ce contexte n’est qu’une sorte de « faire-valoir » juridique en direction d’une communauté internationale tatillonne et « juridiste » (pour formaliste). Tous les autres textes juridiques vont puiser à ce formalisme à la française en laissant de côté, bien souvent, l’exception malienne.

Une fonction publique informelle ?

La fonction publique ainsi que bien d’autres domaines vont emprunter à ce juridisme français, bureaucratique à l’excès, tatillon et « papivore ». A côté des lois, règles, et procédures, les acteurs vont intégrer leurs propres règles et procédures qui empruntent au laxisme, au népotisme et à toutes ces pratiques qui grippent les administrations en Afrique subsaharienne.

Une fonction publique informelle ? Certainement lorsqu’on voit ce qui se passe dans cet espace hautement sensible au Mali ! Les « vrais-faux » appels d’offre (pour des postes déjà distribués depuis longtemps aux petit (e)s ami (e)s ; pour des fournitures qui n’entreront jamais dans un magasin du service, etc.) ; les « vrais-faux » tests de recrutement, pour des recrutements déjà exécutés ont été et seront, sans doute encore longtemps, le lot des chercheurs d’emplois. C’est qu’au Mali, nous avons trouvé toutes les astuces pour contourner les lois, celles que nous votons, celles que nous brandissons aux yeux de l’opinion !

Je me rappellerai toujours avec amertume l’histoire de ce jeune licencié en sciences de l’éducation de l’établissement où je travaille qui voulait à tout prix continuer à l’Emia par amour du métier des armes. Bon prince, je lui dis que je l’aiderai volontiers à réaliser son rêve ! Ayant repéré les conditions de dépôt des dossiers avant le concours, mais, connaissant notre pays, nous nous sommes dit : deux précautions valent mieux qu’une – informons-nous d’abord auprès des gens du cru, en l’occurrence, les militaires.

Lorsque nous avons commencé à nous informer, partout, on nous disait : « C’est peine perdue, le concours est de la poudre aux yeux, du total ‘x’ qu’on veut pour cette première année, il y a ‘x’ places qui sont pour la présidence, ‘y’ places pour la Primature, ‘z’ places pour le ministre titulaire, ‘w’ places pour le secrétaire général du ministère, ‘m’ places pour Mme la…, etc., il ne restera que ‘n’ petites maudites places à se disputer pour ceux (les malheureux) qui passeront réellement le concours – mieux vaut ne pas vous présenter, ce n’est pas la peine ».

Nous avons dit que parmi ces « n » places, il y avait une pour nous. Il faut être persévérant, n’est-ce pas ? Nous sommes retournés au SNJ pour nous assurer que nous pouvions déposer notre dossier avant le jour « j » de clôture de réception des dossiers du concours. Que pensez-vous qu’il arriva ? Je vous le donne en mille ! Le dernier jour de dépôt des dossiers, lorsque nous sommes arrivés à 10 h avec notre dossier sous le bras, on nous répondit que le concours était terminé depuis longtemps ! Allez savoir quelle logique a présidé au recrutement des étudiants de cette fameuse première année de l’Emia !

Au départ, il y a l’informèl-lisation d’une procédure sûrement très claire sur le papier – à terme, on trouve une armée en débâcle devant des rebelles ! Cette histoire n’est pas une invention, elle est vraie, alors, multipliez cet exemple par le nombre de « vrais-faux » concours de recrutement à la fonction publique (les vrais étant saufs) et vous pouvez imaginer l’état de pourrissement avancé sur pieds de beaucoup de nos structures publiques ! Allez voir à la douane, vous serez édifiés sur l’état d’informèl-lisation avancée d’un service public !

L’informèl-lisation du champ politique ?

L’informél-lisation du champ politique ? Assurément ! D’emblée on pense à ces associations qui, petit à petit, en dépit de leurs statuts et règlements intérieurs (qui les disent apolitiques) se muent en véritables « machines politiques » redoutables, puisque, profitant des avantages du politique et de l’apolitisme ! Pensez d’abord à l’AEEM qui, malgré les « effets d’annonce » de ses différents dirigeants, a fait ses armes dans les salons des hommes politiques. Les hommes politiques les plus « dangereux » de ce pays ainsi que les administrateurs les plus « corrompus » ont toujours instrumentalisé cet « instrument » (extrémiste dans ses méthodes) pour se positionner sur l’échiquier politique, affaiblir la position d’un adversaire et « acheter la paix sociale ».

Nous avons tous, toujours eu peur de cette déferlante estudiantine (drainant nos tout-petits du préscolaire et du fondamental dans ses violences verbales et physiques), rompue aux méthodes trotskistes, importées des pays de l’Est, mélange d’intimidation et de mélange des genres ! L’immoral commerce entre ce « machin » et les hommes politiques maliens n’est un secret pour personne et pourtant, jusqu’à ce jour cette « chose » a pignon sur rue au Mali. Un autre exemple et non des moindres est ce fameux « Mouvement citoyen » né dans la foulée de la conquête du pouvoir « légal » par notre général-président.

En violation de toutes les lois sur les associations, cette « excroissance sociale » a prospéré au vu et au su de tous, drainant dans son sillage tous les « satrapes » qui voulaient des raccourcis pour accéder aux destinées du pays et aux ressources rares du pays. Sinon, comment comprendre qu’un pays « maillé » par plus de 100 partis politiques ait pu faire allégeance « nationale » à un « indépendant », fût-il général et pacificateur attitré sous-régional ! Il faut être sérieux !

Enfin, la « politique informelle », c’est ce que nous voyons aujourd’hui (et que nous avons toujours vu), de vénérables chefs syndicaux revêtant les haillons de « l’entrisme politique » dans de vrais-faux regroupements (associations et partis politiques) « pro » et/ou « anti » quelque chose dans notre pays. Ce brouillage des frontières entre le politique et l’associatif, nous en avons parlé dans notre dernière livraison en synergie avec cet analyste français de la situation nationale que, par exemple, les fers de lance du mouvement insurrectionnel qui a renversé le régime de Moussa Traoré en 1991 semblaient rassembler ce qui aurait pu constituer les bases d’une société civile.

Les syndicats (Union nationale des travailleurs du Mali, UNTM), notamment étudiants (Association des élèves et étudiants du Mali, AEEM) les jeunes diplômés sans emploi et deux associations pro-démocratiques qui ont encadré la lutte contre le régime de Moussa Traoré, le Cnid (Comité national d’initiative démocratique) et de l’Adéma (Association pour la démocratie au Mali ont fonctionné comme un contre-pouvoir né du mécontentement populaire.

Rassemblant une partie des exclus du pouvoir, ces deux dernières associations, premières formes de société civile, se sont transformées en partis politiques dès le renversement du pouvoir en place et ont profité de la manne symbolique accumulée dans le cadre de la lutte contre l’ancien système. Mais, miraculeusement, celles qui ne se sont pas transformées en partis politiques stricto sensu ont continué à fonctionner comme des partis politiques ou à entretenir des relations « incestueuses« dans le champ politique.

Nous l’avons déjà dit, que le champ politique malien ressemble à une auberge espagnole, on y trouve du tout, le dénominateur commun étant l’accession aux ressources rares, leur distribution (entre les oligarques au sommet) et la production d’un « discours de faire-valoir« en direction de l’extérieur. L’effondrement du champ politique malien à la faveur des crises actuelles montre bien qu’il n’avait aucune autonomie interne, mais qu’il tenait seulement par la « force de l’argent« et le mélange des genres.

Dans la satrapie malienne de ces dernières décennies où des fortunes se sont bâties en moins d’une décennie, la désinvolture avec laquelle, hommes politiques, responsables associatifs et administrateurs/fonctionnaires publics et/ou privés (l’informèl-lisation de la fonction publique permettant à des fonctionnaires de relever aussi du domaine privé) ont escaladé les barrières juridiques qui régissaient leurs domaines d’activités, fait sens à nos représentations de « l’homme arrivé« dans une ambiance dominée par « l’argent-roi« . Ce tropisme de l’argent est sans doute le « père« de toutes les informèl-lisations qui grippent aussi bien les procédures les mieux huilées que les secteurs sociaux les plus « provinciaux« laissés aux bons soins des petits débrouillards.

La mère de toutes les « informèl-lisations » ?

Quant à « l’informèl-lisation de la laïcité » on regardera du côté de ces règles non écrites dans les années 1980, où, par exemple pendant le ramadan, il était interdit de fêter, de s’asseoir dans un bar prendre son « petit pot », etc. En ces « temps-là » des petits « zélés » (pour des raisons et d’autres) avaient imposé ces pratiques « pénitentiaires » à toute une nation (constitutionnellement laïque). Mais, nous ne nous étendrons pas sur ce sujet sensible, étant entendu qu’on trouve mieux ailleurs !

Les fameux « tripatouillages » de nos constitutions par les « présidents à vie » en Afrique relèvent de cette même pratique « informelle » qui voudrait banaliser la « Loi fondamentale » pour en faire une loi quelconque qu’on peut « rectifier » par décret présidentiel ou par ordonnance ! Il faut être sérieux ! Ceux d’entre eux (nous parlons toujours de nos présidents) qui ont voulu prendre le peuple comme témoin de ces « manipulations populistes » (par des référendums bidons) sont justement ceux-là qui aiment le moins leur peuple et se préoccupent de l’infantiliser.

Plusieurs fora ont été tenus sur la gouvernance en Afrique et le 7e à Ouagadougou (en fin octobre 2007) se penchait justement sur ce mal africain : le tripatouillage des constitutions. Malheureusement, tous les dirigeants africains participent à ces assises comme s’ils n’étaient pas concernés, préoccupés qu’ils sont, de sauver leur fauteuil par toutes sortes de pratiques qui doivent donner l’illusion d’une gouvernance honorable ! Soyons sérieux !

Comme dit le constitutionnaliste franco-ivoirien Michel Bayeron (L’Etat de droit face aux usages et enjeux politiques du droit constitutionnel en Afrique. L’exemple de la Côte d’Ivoire, Ed. Universitaires européennes, 2011), il faudrait réviser en profondeur ces constitutions « copier-coller » que nos pratiques culturelles nous empêchent de porter. Une certaine paresse intellectuelle en Afrique empêche peut-être nos constitutionnalistes de quitter la posture de simples « commentateurs » de ce qui existe, pour une vraie création de « Loi fondamentale » !

Les Subaltern Studies nous demandent de « provincialiser l’Europe » (Chakrabarty D., Provincializing Europe, Postcolonial Throught and Historical Difference, Princeton University Press, 2000), en ce sens que l’Afrique devrait désormais se penser en partant d’elle-même et non plus de cet « impensé colonial » qui lui dénie toute histoire avant l’événement colonial. Nous ne pouvons pas continuer à labourer inlassablement ces parcelles scientifiques imposées depuis l’Occident en ignorant les « jachères/terres en friches » africaines quand même !

La dérégulation sociale massive observable aujourd’hui au Mali est un « surgeon » de la démocratie. Cette pratique de la vie « en surface » qui s’enracine dans une vision narcissique de soi fait sens au jeu, le jeu du hasard. En effet, le propre du jeu est son caractère informel et malgré l’hyper réglementation du jeu aujourd’hui (induite par l’argent), nous sommes tous convaincus qu’il garde par devers lui cette « part informelle » qui fait son charme.

Raison pour laquelle, plus, le jeu est réglementé et plus, les « faux-jeux » et autres tricheries sont possibles pour le ramener à sa fonction première : la sortie du sérieux et de la règle ! Le jeu, c’est le temps d’une évasion hors des cadres contraignants d’une vie rigide, formatée dans des règles et des oukases ; or, à ce « jeu-là », le « jeu social » risque fort de se gripper et du reste, c’est ce à quoi nous assistons dans notre pays.

Nous l’avions dit déjà que dans un contexte (malien) où d’immenses fortunes sont bâties du jour au lendemain, si on n’y prend garde, le commun des Maliens peut alors penser, qu’aussi bien le temps que la vie, voire la mort, se ramènent à un immense « jeu du hasard ». Dans un tel contexte où la préoccupation « sensualiste » et « hédoniste » de la consommation domine, les rapports entre le désir et ses objets ont changé, la possession idolâtre et la jouissance ostentatoire des biens matériels devenant le lieu même de mise en scène de nouveaux et nombreux styles de vie.

Pour conclure : vers une « formèlisation » de l’informel ?

Aucun pays au monde, un tant soit peu tenté par la modernité ne peut se contenter de « l’informel » ! Les structures et institutions mises en place, les différentes lois, et les différents organes de planification concourent à réglementer et à « (f)(n)ormaliser » tous les secteurs de la vie sociale. Le sociologue Durkheim parle de société anomique lorsque les règles et normes ne fonctionnent plus dans une société et qu’à terme, elle « s’informèl-lise ».

Nous ne nous sommes jamais suffisamment méfiés de ce foisonnement social, de cette gesticulation désordonnée, de cette frénésie captative de ressources que d’aucuns ont qualifié de dynamisme de l’Afrique, ou d’inventivité originale, etc., alors que se jouait là le sort du Mali moderne. Il faut être sérieux, aucun pays ne s’est développé dans l’informel ! Tous les pays asiatiques dont on loue aujourd’hui le dynamisme économique ont, souvent, pour beaucoup, comme la Chine, « reformè-lisé » tous les aspects informels dans un embrigadement et un encadrement stricts de la société, du sommet jusqu’à la base.

Les Maliens, les plus soucieux du devenir de notre pays, devraient refuser que l’on continue à leur mentir en leur faisant croire ce qui n’est pas. Il faut arrêter les traficotages des constitutions et des lois ; il faut accepter l’esprit et la lettre des procédures (appels d’offres, concours, etc.) Il faut arrêter « l’informèl-lisation » de l’éducation (du préscolaire à l’université) en respectant l’esprit et la lettre de la déontologie éducative. Il faut arrêter de faire de l’administration le point de « garage » des médiocres. Il faut récompenser le mérite dans ce pays.

Les plus vulnérables (pauvres, agriculteurs, éleveurs, artisans, etc.) sont littéralement fatigués de ce « pays-informel » !

Niakan Ha’iri Diarra

(historien, anthropologue)

Les Échos du 21 Mai 2012