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«Comment relancer les activités culturelles au Mali et faire de la culture un tremplin pour la sortie de crise». Tel est le thème d’un séminaire des acteurs culturels, organisé le 26 mai 2012 à Ségou par le Réseau des acteurs culturels du Mali.

Depuis des mois, le Mali est plongé dans une crise sans précédent. Trois régions du pays sont occupées par des groupes armées, au moment où à la faveur d’un coup d’Etat intervenu le 22 mars 2012, Bamako, la capitale est devenue le siège d’un combat sans merci entre deux tendances. L’un saluant et soutenant le coup d’Etat et l’autre farouchement opposée à l’action des militaires.

Conséquence : cette crise multiforme a mis à mal l’économie du pays. L’insécurité aidant, le secteur culturel a pratiquement pris un coup dramatique. C’est fort de ce constat que le réseau Kya qui regroupe les acteurs culturels du Mali a décidé d’organiser un cadre d’échanges afin de faire des propositions pertinentes pour la relance de l’action culturelle et surtout faire des propositions allant dans le sens de faire de la culture un tremplin pour la sortie de crise.

Ainsi, une quarantaine d’acteurs culturels et des personnes ressources se sont retrouvés le 26 mai 2012 à Ségou. Fatogoma Coulibaly, Directeur de Cabinet du Gouverneur de la Région de Ségou, a rappelé que notre pays qui était cité comme un modèle de démocratie et de bonne gouvernance vit depuis un certain temps une crise sociopolitique et sécuritaire sans précédent, qui met sérieusement à mal l’action culturelle. « L’action culturelle est en train de tomber dans la léthargie, ce qui risque de porter un coup fatal à la culture malienne dont nous sommes fiers », a-t-il indiqué.

Avant de rappeler le dicton selon lequel : « la culture est tout ce qui reste lorsqu’on a tout perdu ». Pour cela, il a salué cette initiative du Réseau Kya. « Nous sommes convaincus qu’il faut entrer dans l’action culturelle et artistique pour trouver une solution à la crise actuelle de notre pays », a indiqué Mamou Daffé, Président du Réseau Kya. A son le défi pour tous, c’est de bâtir une démocratie gagnante, respectueuse de nos valeurs culturelles. Après une journée de travaux en ateliers, la quarantaine d’acteurs culturels et de personnes ressources ont fait plusieurs propositions.

Ce sont : la mise en œuvre des actions intensives de communication pour une meilleure information de l’opinion nationale et internationale ; la proposition d’ actions constantes en faveur de la paix pour réparer le tissu social pendant et après la crise ; l’invitation des organes de presse et des organisations professionnelles de presse au respect des règles d’éthique et de déontologie et de faire recours aux communicateurs traditionnels pour la prévention et la résolution des conflits. Il a aussi été décidé d’appuyer la tenue des grands festivals du nord sur des sites du sud.

Enfin, l’atelier, solidaire de la détresse des populations du nord, invite toute les communautés déplacées ou qui sont restées sur le territoire et tous les maliens à entrer en résistance.

Assane Koné

Le Républicain du 28 Mai 2012