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La crise scolaire qui perdure a atteint des proportions inquiétantes ces dernières années au point que planait, à un moment donné, la menace sérieuse d’une année blanche. A force de ne pas être géré convenablement et de façon pérenne pendant plusieurs années, c’est l’impasse au sein de notre système éducatif.

Après le départ du colonisateur en 1960, le défi de l’instruction se posait comme une nécessité. Les chances de réussite des objectifs de la première réforme en 1962 se sont avérées minces à partir de1992. De 7 %, on est passé à 32,8 %. Des incidents de parcours ont émaillé l’application de cette première reforme dont le programme d’ajustement structurel adopté par le Mali en 1985.

Articulé autour de11axes prioritaires, le programme décennal de développement de l’éducation (PRODEC) qui est l’une des réformes majeures de l’éducation sous la troisième République n’est pas parvenue à sortir l’école malienne de l’impasse. Malgré le programme d’investissement sectoriel de l’éducation (PISE) qui est à sa deuxième phase, le pays ne semble pas voir le bout du tunnel.

Le faible taux d’inscription, les contraintes institutionnelles bloquant le développement du système, la démographie galopante, la multiplicité des expériences éducatives sans grande cohérence entre elles, le faible nombre d’établissements d’enseignement normal, la non implication des communautés dans la vie de l’école et le déséquilibre entre l’offre et demande sociales de l’éducation sont, entre autres, les problèmes que traverse l’école malienne.

Certaines localités du pays peinent à avoir une école au moment où d’autres, malgré le nombre élevé d’infrastructures, n’arrivent pas à inscrire les enfants faute de ces d’infrastructures.

Toute chose qui explique la grande disparité régionale entre les centres urbains et ruraux. Au moment où le taux de croissance démographique prend de l’envol, les infrastructures sont en nombre insuffisant. Les effectifs pléthoriques ne donnent aucune chance d’apprentissage réelle aux apprenants.

Les textes qui régissent le secteur de l’éducation dans notre pays sont obsolètes et méritent une relecture. La révision de l’article 60 demandée par les syndicats d’enseignants en est une illustration.

A un certain moment de la vie de l’école malienne, les enfants passaient d’une classe à une autre en fonction d’un pourcentage fixé par l’autorité scolaire sans qu’ils aient le niveau requis.

Face à la demande croissante, l’Etat est incapable d’avoir 50 % de taux de scolarisation. Malgré la priorité accordée à l’éducation dans le budget de l’Etat, plusieurs enfants n’ont pas encore accès à l’éducation. A titre indicatif, en 1996, le Mali ne parvenait à scolariser que 43,6 % enfants et les filles ne sont scolarisées qu’à 34 %.

A ces problèmes, il faut ajouter la crise de confiance entre les différents acteurs de l’école, la politisation de l’école, le durcissement des positions dans les revendications catégorielles, etc.

C’est fort de ces constats que certains pensent qu’il vaut mieux chercher à résoudre les problèmes qui sont à l’origine de la crise, pour se rapprocher de l’objectif d’une école apaisée et performante.


Nouhoum Dicko

04 Juillet 2008