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Celui-ci demande pondération et concessions mutuelles aux partenaires de l’éducation afin de sauver l’école

Un regroupement de femmes, dénommé « Le collectif des mamans pour sauver l’école » a organisé mardi, une marche pour exprimer au Premier ministre Modibo Sidibé son inquiétude face à la radicalisation des positions des parties en conflit et à la déconfiture de l’école malienne.

La manifestation est partie de la Bourse du Travail pour se terminer dans le hall de la Primature, où les marcheuses ont été accueillies par le chef du gouvernement et les deux ministres en charge de l’Éducation. La présidente du collectif, Coumba Yarisso, a lu une motion dont copie a été remise aux autorités.

Dans ce document, le collectif demande au « gouvernement de la République » d’honorer les engagement pris, d’appliquer les textes de loi qui sont l’émanation du peuple, d’enrayer la violence de l’espace scolaire par tous les moyens, de restaurer la confiance avec les acteurs de l’école, de réintroduire l’enseignement de l’éducation civique qui est la pièce maîtresse de l’éducation dans un État Républicain, de restaurer l’autorité de l’État.

Aux syndicats d’enseignants le document demande « d’intégrer l’une des valeurs cardinales du syndicalisme : la patience ; d’inscrire toutes leurs actions dans le cadre des lois et des normes pédagogiques ; de persévérer dans la formation de leurs militantes et militants ; de tenir compte de l’épanouissement et de l’intérêt des enfants« .

S’adressants aux enfants -élèves et étudiants-, Coumba Yarisso leur a demandé de faire des études leur priorité, tout en rappelant que la discipline, le respect, la politesse, la rigueur dans le travail sont des valeurs universelles et qu’à l’heure de l’intégration et de la mondialisation, la compétition est très âpre.

Aux mamans, la présidente du collectif a demandé d’être plus proches des enfants, de leur donner le goût de l’effort et du travail bien fait, de leur inculquer des valeurs telles que le courage, la droiture et le patriotisme. Elle a invité les partenaires au développement à laisser notre pays définir en toute liberté ses politiques d’éducation dans l’intérêt bien compris de la Nation.

Le chef du gouvernement a remercié le collectif d’avoir pris l’initiative de cette marche en faveur de l’école. C’est, juge-t-il, le signe que le message du président de la République a été saisi par les femmes dont, Amadou Toumani Touré avait plaidé à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de le femme le 8 mars dernier, l’implication dans la recherche de solution afin de sauver ce qui peut l’être pendant qu’il est temps.

Modibo Sidibé a promis de veiller personnellement que soient honorés les engagements pris par le gouvernement, parmi lesquels l’organisation dans un bref délai du forum sur l’école malienne, une instruction du Président de la République. Il a demandé aux femmes de s’investir davantage afin que le calme et la sérénité reviennent dans l’espace scolaire.

Les banderoles brandies résumaient bien les attentes des marcheurs : « Cri de coeur des mamans« , « Mamans : soyons proches de nos enfants« , « Sauvons l’année scolaire« , « Partenaires au développement laissez nous choisir notre politique de l’éducation« .

« Le Collectif des mamans pour sauver l’école » est une association de femmes qui s’est spontanément créée en février dernier. Elle n’a qu’un seul objectif : sauver l’école.

La présidente du collectif, Coumba Yarisso, a pris l’engagement devant le Premier ministre d’user de son influence pour aider les autorités à trouver des solutions pérennes à la crise de l’école malienne.

A O. Diallo – L’Essor

27 Mars 2008.