Partager


Après les évaluations organisées par le gouvernement du 19 au 30 mai, sans les enseignants dont le président de la République se félicite pour, la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (COSES) a organisé hier une assemblée générale d’information de mise à niveau de ces militants. C’était au Centre islamique.

Cette assemblée générale qui regroupe les enseignants de Bamako et de Kati se tient à un moment où les deux parties restent campées sur leurs positions.

«Tout a été dit et tenté. Nous n’accepterons pas les chantages en tant que parents d’élèves et soucieux du devenir de notre pays. Ceux qui veulent venir, la porte leur est ouverte, ceux qui ne veulent pas, on a fait les évaluations sans eux et le bac aussi se fera. Personne n’est indispensable», a expliqué le chef de l’Etat lors de sa traditionnelle conférence de presse du 8 juin.

S’il se félicite de l’organisation de ces évaluations sans les enseignants, la COSES dénonce cette pratique du gouvernement qu’elle assimile à une violation flagrante des textes en la matière. «Ce ne sont pas des évaluations à moins que nous ne soyons dans un autre domaine. Les élèves ne peuvent et ne doivent pas évaluer sans les enseignants», a soutenu le secrétaire général de la COSES, Tiémoko Dao.

La COSES qui ne désarme pas maintient sa position par rapport à la rétention des notes en cours depuis le 12 novembre 2007, la non évaluation depuis le 10 décembre dernier ainsi que le boycott des compositions.

L’administration étant une continuité, les enseignants estiment que Modibo Sidibé ne devrait aucunement mettre en cause les accords signés avec l’ancien Premier ministre.

Pour le secrétaire général de la COSES, sur les 7 points de revendication seul deux ont été satisfaits notamment la relecture de l’article 60 de la loi d’orientation sur l’éducation et le paiement avec rappel de l’incidence financière de l’augmentation de la valeur indiciaire des professeurs contractuels à compter du 1er janvier 2007.

Face à cette situation, la Coses n’est pas disposée à participer au forum proposé par le Premier ministre. «Nous ne sommes pas disposés à participer au forum tant que l’Etat n’accepte pas le dialogue et mette à notre disposition les termes de référence dudit forum», a déclaré M. Dao.

Moins de dix jours avant le baccalauréat, le doute plane sur la participation de la COSES à la surveillance et à la correction de l’examen.

Nouhoum Dicko

13 Juin 2008