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Avant même le début de la transition qui devra commencer demain avec l’investiture de Dioncounda Traoré, les choses sont très mal engagées.

En plus de la guerre des tranchées entre les différents regroupements politiques dont certains ont du mal à accepter l’intérim du président de l’Assemblée nationale comme stipulé par la Constitution, il faut s’attendre à une nouvelle volte-face de la junte dont les intentions sont désormais claires depuis la énième sortie médiatique de son chef, Amadou Haya Sanogo le lundi dernier. Il faut s’attendre à de nouveaux blocages institutionnels.

C’est en principe demain que Dioncounda Traoré devra être investi président de la République par intérim conformément à l’article 36 de la Constitution. Une investiture qui ne s’annonce pas sous de bons auspices à cause de la guerre des tranchées qui pointe à l’horizon avec la prise de position des différents regroupements politiques et de la junte.
Le ton a été donné par le chef de la junte lui-même Amadou Haya Sanogo le lundi dernier lors d’une conférence de presse de « rectification ». Il a presque prédit un retour du CNRDRE quarante jours après. Un discours qui fait écho à celui d’Oumar Mariko qui a tenu dans la matinée les mêmes propos allant jusqu’à dire la fin du mandat de Dioncounda Traoré le soir de son 40e jour de présidence.

Une position partagée par d’autres acteurs politiques à l’instar du Front patriotique pour la sauvegarde de la démocratique qui rejette dorénavant toute prorogation de l’intérim du président de l’Assemblée nationale. Tout indique que l’affrontement entre les différents clans est prévisible ainsi qu’un nouveau bras de fer avec les putschistes qui n’ont pas visiblement envie de retourner dans les casernes.

D’ailleurs, leur réticence a été forte dans la désignation du Premier ministre consensuel devant conduire la campagne de reconquête du Nord et de l’organisation des élections générales. Durant tout le week-end, les négociations entre la junte et le nouveau président de la République ont été sans concession et ont logiquement abouti à des rejets des différentes personnalités proposées.

La volonté de la junte d’imposer son choix au très stratégique poste de Premier ministre de transition est sans limite surtout qu’elle est soutenue par les blocs politiques soutenant le putsch qui voient aux nouvelles circonstances sociopolitiques une aubaine pour en finir avec les grands partis comme l’Adéma, le RPM, l’URD et le PDES.

Ces partis ont commencé de leur côté une contre-offensive pour déjouer les plans de la junte et de ses alliés. Un document expliquant leur position a déjà distillé au niveau des ambassades et des partenaires au développement. Et d’autres initiatives sont annoncées dans le même sens. Comme quoi, tout le monde est en train de fourbir en prévision des joutes devenues inévitables.

Abdoulaye Diakité

L’Indicateur du Renouveau du 11 Avril 2012