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Quelques heures après le lancement de cet ultimatum, les choses semblent s’accélérer de part et d’autres à l’intérieur du pays à cause de la progression des rebelles vers les positions de l’armée malienne dans le nord du pays. La réalité du terrain a poussé le 1er responsable de la junte militaire à appeler au secours la communauté internationale, particulièrement les chefs d’Etat de la CEDEAO pour qu’ils assistent le Mali en ces moments difficiles. « Les rebelles continuent à agresser notre pays et à terroriser nos populations, des citoyens de la CEDEAO.

La situation est à cette heure critique. Notre armée a besoin du soutien des amis du Mali à sauver les populations civiles et sauvegarder l’intégrité territoriale du Mali… », a martelé le chef de la junte, qui reconnait par la même occasion que la ville de Kidal est tombée aux mains des rebelles. C’est une situation qui n’augure rien de bon pour la junte, mais aussi pour les populations maliennes qui suivent minute par minute l’évolution de la situation dans le septentrion. Kidal tombé, Gao et Tombouctou menacé, il faut reconnaitre la nation malienne est en péril. Ce qui nous est très cher, le plus cher à tout patriote malien (l’unité nationale, la fierté d’être Malien) vient de recevoir un coup dur. L’unité nationale est en train de sombrer devant une génération inconsciente. Les uns et les autres s’occupent de régler leurs comptes et oublient l’essentiel, qui est le Mali. Les putschistes, les marcheurs anti et pro putschistes, les islamistes, les partis politiques, la société civile sont tous responsables de ce qui nous arrive aujourd’hui. Personne ne veut prendre la responsabilité devant l’histoire et dire aux militaires que leur rôle est de défendre l’intégrité territoriale du pays et non se cramponner à gérer une situation politique qu’ils ne maîtrisent pas. Donc le capitaine Sanogo et ses hommes doivent récupérer les munitions et aller immédiatement au front pour affronter la rébellion. Il n’y a pas de République si on laisse la rébellion disloquer notre pays. Le chef de la junte doit prouver qu’il maîtrise sa troupe en les mobilisant pour la défense du territoire. Partout, il se dit qu’ils ont fait le coup d’état pour ne pas affronter la rébellion. Nous voulons un démenti par les actes.

Pendant que les autres tentent d’aider le Mali à sortir la tête de l’eau, certains maliens trouvent d’enfoncer leur pays dans le trou. Juste pour pouvoir tirer leur épingle du jeu au moment du partage du gâteau. Que cachent ces déclarations de soutien interminables, des marches intempestives, ces meetings sans contenu, ni message. Quelle honte ! La République est en danger. Nous n’avons trouvé d’autres moyens de la sauver qu’en veillant sur ses propres intérêts. Il n’y a plus de doute : le Mali et les Maliens sont pris en otage. Le chef de la junte doit regarder ses « nouveaux amis » en face et leur dire clairement : « Le Mali est plus important que nous tous. Nous devons avaler notre orgueil pour sauver notre pays ». S’il ne le fait pas, il sera jugé par l’histoire. C’est sa chance, il doit la saisir et ne pas laisser des apatrides et des égoïstes lui fassent rater le train de l’histoire. Ou en sommes-nous ? Pour quoi, nous ne regardons pas les meilleurs exemples du monde et de l’Afrique. Nelson Mandela n’est-il pas un monument vivant pour avoir sacrifié sa vie et son existence pour son peuple. Qui d’entre nous n’est pas fier de cet homme qui restera une référence en Afrique et même pour l’humanité.

Que le capitaine Sanogo sache que c’est le moment ou jamais tout en espérant qu’il lorgnera les bons exemples et tourner dos aux mauvais que je ne me fatiguerai pas citer. L’heure est grave. Et seuls les moins orgueilleux pourront faire les meilleurs choix possibles. Rien n’est encore perdu, mais le temps est compté. Le temps des discours, de la réflexion, de l’écoute, des communiqués et des déclarations doit être révolu. Il faut passer aux actions concrètes. On ne peut prendre le pouvoir pour lutter contre la rébellion et laisser cette même rébellion gagner encore du terrain.

Au moment ou nous mettions sous presse, Gao est sous les feux. La rébellion veut coûte que renforcer sa position avant une quelconque intervention dela CEDEAO. Alors, comme le dit l’autre, le bateau Mali peut tanguer, mais ne chavirera jamais. Le Front uni pourla République(FDR) a lancé un appel à l’unité à toutes les forces vives de la nation afin de se mettre autour d’une table immédiatement pour trouver une solution consensuelle de sortie de crise. Nous apprenons au même moment que la junte aurait dépêché une mission auprès du Président du Faso, Blaise Compaoré, médiateur désigné parla CEDEAO, afin de lui exprimer leur disponible à trouver un accord qui puisse sauver le Mali.

Idrissa Maïga

5 avril 2012