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Au Bénin, l’état de santé de l’ex-président Boni Yayi, cloitré chez lui, à domicile, depuis les incidents meurtriers consécutifs aux élections législatives de fin avril dernier, n’en finit pas de faire des vagues. En effet, après la sortie de ses avocats, il y a quelques jours, pour exprimer leurs inquiétudes sur la dégradation de la santé de leur client et dénoncer l’injustice qu’il subit, c’était au tour des populations de la région natale de l’ex-chef d’Etat, notamment celles des villes de Savé et de Tchaourou, d’exprimer leur indignation face à la situation. Quatre jours durant, elles ont affronté l’armée qui entendait dégager les barricades érigées sur les principales artères desdites villes en signe de protestation contre les arrestations arbitraires de manifestants qui dénonçaient les conditions inhumaines de détention de l’ex-président. Talon est en train d’assassiner la démocratie béninoise. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on peut comprendre l’émotion de ces populations. Car, au-delà de l’indignation, ces manifestants traduisent leur reconnaissance à l’ancien président dont il n’est pas exclu qu’elles aient pu bénéficier, autrefois, des largesses. Ce n’est, en effet, un mystère pour personne qu’en Afrique, les villes natales des chefs d’Etat jouissent de privilèges particuliers pendant le mandat de leur fils. La réaction des habitants des villes de Savé et de Tchaourou est d’autant plus compréhensible qu’ils partagent le combat de Boni Yayi devenu le symbole de l’opposition au régime de Talon, depuis qu’il a dénoncé le « coup d’Etat électoral » à l’occasion des dernières élections législatives dont il a demandé l’annulation pure et simple…LEPAYS